BFM Business
Auto

Carburants à prix coûtant ce week-end, plus que jamais un produit d'appel pour la grande distribution

.

. - Philippe Huguen - AFP

Alors que Leclerc et Intermarché proposeront des opérations carburants à prix coûtant lors de ce week-end, retour sur une activité qui reste avant tout un produit d'appel pour la grande distribution, surtout en période de chassé-croisé de l'été.

C'est devenu un classique de l'été. Les quelque 700 stations-services des magasins Leclerc lancent une opération "carburants à prix coûtant" ces vendredi et samedi, en plein week-end de chassé-croisé des vacanciers en France. Une journée classée noire dans le sens des départs par Bison Futé.

Un bon timing surtout dans un contexte de remontée des prix des carburants, pointée du doigt par les automobilistes depuis plusieurs semaines. En moyenne en France la semaine dernière, le gazole s'affichait en moyenne à 1,44 euro le litre et le sans-plomb 95 à 1,55 euro, contre respectivement 1,22 euro et 1,27 euro en avril 2020.

Et Leclerc n'est pas le seul: les stations Intermarché proposent une opération équivalente les samedi 31 juillet et dimanche 1er août.

Une économie très limitée pour le consommateur

Mais il est important de rappeler que ces carburants à prix coûtant ne représentent pas une économie potentiellement importante pour les consommateurs. Au moment de la baisse des cours du pétrole au début de la crise sanitaire, la chute des tarifs à la pompe était ainsi limitée par le poids des taxes, qui représentent une grande partie du prix des carburants.

Sur un litre de gazole vendu 1,21 euro à la pompe en 2020, l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP) décomposait ainsi le prix: 19 centimes pour la distribution (15%), 21 centimes pour le produit brut (17%) et plus de 81 centimes de taxes (67%).

Lors des opérations à prix coûtant, c'est donc sur la partie distribution que la baisse s'opère.

"Selon les carburants, le gain est seulement de 1, 2 à 3 centimes par litre, soit jusqu'à un euro sur un plein de 30 litres, ce qui est peu si vous avez accepté de faire un détour pour profiter de l'opération ou si vous avez dû faire la queue pour atteindre la pompe, nuance ainsi Olivier Dauvers, expert de la grande distribution. Cette opération, elle fonctionne non pas dans la rationalité, mais en termes d'émotion."

Plus que jamais un produit d'appel

Malgré le faible gain à espérer pour le consommateur, ces opérations "à prix coûtant" restent pourtant très attirantes pour le public, avec "une multiplication entre 4 et 8 des volumes de carburants vendus par la grande distribution par rapport à une journée normale", souligne Olivier Dauvers.

L'affaire est donc surtout rentable pour les distributeurs. Même en renonçant à leurs marges sur la vente de carburant, les clients, souvent plus nombreux, sont au rendez-vous.

"C'est l'aboutissement de la stratégie de la grande distribution de vendre du carburant comme un produit d'appel et qui remonte aux années 60 afin d'attirer les clients dans les supermachés, poursuit ce spécialiste du secteur. Les enseignes peuvent y gagner en termes d'images et de réputation et ce n'est pas pour rien si elles pratiquent ces opérations au moment où cela a le plus d'impact, lors des départs en vacances."
https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto