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Bientôt un site internet officiel contre les arnaques à la voiture d’occasion

Tout savoir sur sa prochaine voiture, achetée en occasion, pour éviter les arnaques, c'est ce que propose un site lancé par le gouvernement. - Image d'illustration

Tout savoir sur sa prochaine voiture, achetée en occasion, pour éviter les arnaques, c'est ce que propose un site lancé par le gouvernement. - Image d'illustration - SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Vérifier l’histoire de sa future voiture, pour éviter les arnaques, c’est ce que proposera l’Etat via un nouveau site, HistoVec. La version bêta du site est actuellement en ligne.

Tout savoir sur sa future voiture, pour éviter les arnaques lors d’un achat d’occasion, c’est ce que propose le site HistoVec, officiellement mis en place par le ministère de l'Intérieur. Repéré par le site spécialisé Caradisiac, ce nouveau portail n’en est encore qu’à sa version bêta, mais il peut déjà être utilisé par les professionnels comme les particuliers.

Vérifier l'historique de la voiture

Le principe est simple. Un propriétaire qui veut vendre son véhicule, rentre ainsi sur la plateformes les numéros des plaques d’immatriculation et de formule inscrits sur la carte grise du véhicule. Le site recherche dans le Système d’immatriculation des véhicules (SIV) les principaux moments marquants de la vie du véhicule. Ressortent alors: date de mise en circulation, changements de propriétaire, sinistres à réparation contrôlée ou encore situation administrative (gage, opposition, vol). Le site donne immédiatement un résumé de la situation du véhicule.

Ainsi, sur notre test, il est écrit "Rien à signaler", avec un signe vert, vraiment très lisible. Le site précise les dates de première immatriculation, comme de l’actuelle carte grise. Il indique également si la voiture est gagée ou a été déclarée volée, ou si elle est sous le coup d’une procédure. Cela peut par exemple permettre au potentiel acheteur de savoir si la voiture a été soumise à la procédure "véhicule endommagé", qui implique, du fait de sa dangerosité, de le retirer de la circulation. Une fois établi, le propriétaire est en mesure d'envoyer directement le rapport à un potentiel acheteur. Ce dernier peut aussi le solliciter par mail auprès du vendeur.

"Rien à signaler du point de vue administratif", voilà la conclusion pour notre véhicule test auprès d'Histovec.
"Rien à signaler du point de vue administratif", voilà la conclusion pour notre véhicule test auprès d'Histovec. © Copie d'écran

Les futurs acheteurs ont peur des arnaques

La mise en place de ce dispositif avait été décidée en janvier 2018, dans le cadre du grand plan de sécurité routière du gouvernement, qui avait aussi acté l'instauration de la limite à 80km/h. Toujours dans le cadre du Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR), ce dispositif devrait être complété dans les années à venir par un fichier national des véhicules assurés.

"La transparence reste un vrai sujet dans l’achat d’une voiture d’occasion. Même si la très grande majorité des vendeurs de voitures sont honnêtes, rappelle Fabien Cohen-Solal, fondateur d’AutOrigin, une start-up lancée en 2015 dont le principe est proche de celui du gouvernement. Cette défiance se trouve notamment vis-à-vis des professionnels. Entre 15 et 20% seulement des voitures d’occasion sont vendues par des pros, mais la moitié des clients qui nous consultent achètent via des professionnels".

Plusieurs affaires de remises en circulation frauduleuses de véhicules accidentés ont défrayé la chronique ces derniers mois. En 2016, une enquête de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) mettait en lumière que la moitié des établissements contrôlés, établissements qui vendent des voitures d’occasion, présentaient des anomalies lors de ces ventes. Vérifier les données sur un véhicule permet donc de tranquilliser les acheteurs. AutOrigin se base ainsi sur des informations du SIV, mais aussi des informations recueillies auprès des professionnels.

Aider à vendre plus vite les voitures d'occasion

"Nous aidons et conseillons les acheteurs dans leur prise de décision, poursuit Fabien Cohen-Solal. Mais c’est aussi bénéfique pour les vendeurs, car cela va accélérer les ventes. En moyenne, en France, une voiture met 70 jours à se vendre, contre une vingtaine aux Etats-Unis".

Or, un véhicule stocké un mois perd 3% de sa valeur. Le dispositif du gouvernement ne recense pas une information importante: le nombre de kilométrage réel du véhicule. Les informations relatives à la première mise en circulation, le nombre de propriétaires, peuvent cependant donner des indications importantes. AutOrigin fournit par exemple le type d’utilisations du véhicule (rural, urbain), ou la typologie des propriétaires. Une voiture propriété d’une auto-école, vendue avec très peu de kilomètres, peut par exemple faire douter l’acheteur de la véracité de ces informations. La version définitive d’HistoVec devrait être prête d’ici le début de l’année prochaine.

Pauline Ducamp