BFM Business

Avec 2550 morts sur les routes de France, l'année 2020 affiche le chiffre le plus bas de l'histoire

.

. - -

La crise sanitaire a logiquement réduit la circulation automobile et donc le nombre de morts sur les routes. Avec 2550 décès sur les routes en 2020, la France n'a tout simplement jamais connu un chiffre aussi bas dans l'histoire de la sécurité routière.

C'est aussi une des conséquences de la crise sanitaire. En 2020, 2550 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine, selon les estimations de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Au total, le bilan est de 2782 personnes décédées sur les routes l'an dernier, en France métropolitaine et dans les outre-Mers.

Ce chiffre représente une baisse impressionnante par rapport à 2019: 700 décès en moins, soit un recul de la mortalité routière de 21,4%, "dans un contexte de crise sanitaire ayant drastiquement limité la circulation", souligne le communiqué diffusé par la Sécurité routière.

La baisse de la mortalité s'accompagne d'une baisse de tous les autres indicateurs d'accidentalité routière, comparés à 2019: le nombre d'accidents corporels enregistrés par les forces de l'ordre, enregistre une baisse importante de -19,7 % avec 44.997 accidents (soit 11.019 de moins qu'en 2019), le nombre de personnes blessées diminue de 20,9 % avec 55.754 blessés (soit 14 736 blessés en moins)", poursuit le communiqué.

Sans donner de chiffre global de la réduction du trafic en 2020 en France, la sécurité routière évoque celui d'avril 2020, en plein premier confinement, avec une baisse de la circulation estimée à 75%.

Forte baisse chez les automobilistes

La baisse de la mortalité routière concerne particulièrement les automobilistes, elle a en effet reculé de 23%.

Cette baisse un peu plus forte que la moyenne s'explique par la part importante de seniors qui se déplacent en voiture: les 75 ans et plus ont réduit fortement leurs déplacements avec l'épidémie et donc leurs déplacements en voiture et l'accidentalité qui peut en découler", note la sécurité routière.

Mais on constate aussi une forte baisse chez les deux-roues motorisés avec 577 décès (36 tués cyclomotoristes et 136 tués motocyclistes en moins), chez les usagers de véhicules utilitaires (57 personnes tuées, soit 41 décès en moins).

En revanche, la mortalité chez les camionneurs est restée stable, à 35 décès sur l'année, "sans doute parce que la circulation des poids lourds, liée à des besoins économiques vitaux, n'a pas été fortement impactée par les restrictions".

Baisse moins importante pour les mobilités "douces"

La baisse est aussi moins importante pour les mobilités "douces", en plein essor l'an dernier.

La sécurité routière note ainsi que la mortalité des piétons a moins baissé que la moyenne, avec 389 personnes tuées, soit 94 tués de moins.

La mortalité des cyclistes baisse ainsi "légèrement" avec 174 personnes décédées (13 de moins).

Le nombre de blessés à vélo baisse en agglomération et augmente hors agglomération. Si l'on tient compte des périodes pendant lesquelles les déplacements ont été fortement contraints, ceci traduit un fort développement de la pratique du vélo, en particulier hors agglomération où les vitesses élevées des usagers motorisés rendent les cyclistes d'autant plus vulnérable", analyse la sécurité routière.

L'organisme note aussi une très légère baisse chez les utilisateurs d'EDPM (engin de déplacement personnel motorisé, trottinettes électriques par exemple), avec 8 décès en 2020, soit deux de moins qu'en 2019.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet avec AFP Journaliste BFM Auto