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Automobile: Nouvelle tentative de briser le monopole sur les pièces détachées

Un nouveau projet de loi a été déposé pour mettre fin à une spécificité française: l'obligation pour les garagistes de se fournir en pièces neuves chez le constructeur d'origine. Résultat, des prix plus élevés que chez nos voisins.

Un pare-chocs vendu 300 euros en France, mais 100 en Allemagne ou en Espagne: c'est l'exemple frappant pris par le magazine Challenges pour illustrer cette particularité française: le monopole des constructeurs automobiles sur les pièces détachées dites "visibles": ailes, rétroviseurs, phares et autres pare-brises et vitres.

Des prix en forte hausse ces dernières années

Heureusement, l'écart n'est pas toujours de trois fois le prix. La libéralisation de ce marché pourrait permettre aux Français "d'économiser 17,5% des dépenses pour les véhicules", estime la Fédération de la distribution automobile (FEDA) citée par RMC. De son côté, Le Parisien a évalué la différence en prenant l'exemple des huit pièces "les plus changées par les Français", avec des différences de tarifs qui vont de 28% à 68% entre prix d'achat au constructeur et celui d'une pièce générique.

Une nouvelle propositon de loi va être déposée par le député Damien Pichereau (LaREM), avec l'objecif de s'attaquer à ce monopole. Une troisième tentative en seulement quelques années, les amendements ayant bûté jusqu'ici sur une censure par le Conseil constitutionnel.

En avril 2019, le Premier ministre Edouard Philippe avait en effet proposé cette libéralisation afin de redonner du pouvoir d'achat aux Français, dans le contexte de la crise des gilets jaunes. Deux échecs législatifs plus tard, la nouvelle proposition de loi qui s'apprête à être déposée a toujours cette ambition:

"Il y a urgence. Le prix de ces pièces captives a augmenté de 11 % entre 2017 et 2019, tandis que les primes d’assurances ont pris 12 % de 2015 à 2019. Nous devons rendre du pouvoir d’achat à 40 millions d’automobilistes français", explique au Parisien Damien Pichereau, son rapporteur, ex-commercial dans l'automobile.

Les effets pervers d'une libéralisation

S'il passe, ce texte prévoit la libéralisation des pièces détachées dès le 1er janvier 2022. Une solution pour redonner du pouvoir d'achat qui a toutefois des effets pervers.

Rien ne garantit que les assureurs repercuteront la baisse de prix potentielle des pièces sur leurs tarifs et cette mesure pourrait nuire à la filière du reyclage (avec les pièces de réemploi proposées depuis 2017) avec des pièces massivement produites à l'étranger.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto