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Attendre plutôt que payer: l'Estonie teste une alternative originale à l'amende pour excès de vitesse

Le panneau d'affichage présente les temps d'immobilisation aux conducteurs interpellés.

Le panneau d'affichage présente les temps d'immobilisation aux conducteurs interpellés. - Reuters

Une idée balte pas bête du tout: l'Estonie propose aux conducteurs flashés d'attendre, plutôt que de payer.

C'est souvent un argument avancé par les personnes prises en flagrant-délit d'excès de vitesse: "j'étais pressé". C'était le cas encore la semaine dernière pour ce conducteur de Subaru flashé à 200km/h et qui avait expliqué être en retard à son rendez-vous au garage.

S'il est impossible de savoir la part des personnes interpellées réellement "pressées", ce qui dans tous les cas ne constituera pas une excuse valable, l'Estonie a trouvé une réponse originale pour mettre ces automobilistes face à leurs responsabilités.

Depuis peu, les forces de l'ordre locales testent en effet une nouvelle procédure lors des contrôles de vitesse. Le conducteur interpellée se voit proposer le choix de sa sanction: la traditionnelle amende ou patienter jusqu'à une heure sur le bord de la route.

Comme le montre le reportage de Reuters dans le tweet ci-dessus, cette sanction est seulement proposée pour en cas d'excès de vitesse de moins de 40km/h, pour la première fois et donc pas (heureusement) à des multi-récidivistes.

Si le contrevenant opte pour l'attente, la sanction est adaptée en fonction de l'excès de vitesse commis. Le temps d'immobilisation démarre ainsi à 45 minutes pour les dépassements inférieur à 20km/h et 60 minutes pour ceux compris entre 21 et 40km/h. Le conducteur et ses passagers peuvent attendre à l'intérieur d'un véhicule, face à un panneau leur indiquant leur heure d'arrivée et celle à laquelle ils pourront repartir.

Le panneau d'affichage fixant les temps de pénalités infligés aux automobilistes.
Le panneau d'affichage fixant les temps de pénalités infligés aux automobilistes. © Capture d'écran Reuters

Interrogé par Reuters, un policier estonien explique que les amendes ont peu de conséquences sur les comportements des automobilistes: "les conducteurs les prennent pour de simples factures, ils les paient puis les oublient".

La mesure vise donc à sensibiliser les automobilistes au-delà du portefeuille et semble porter ses fruits. Lors de la matinée du 7 octobre dernier, parmi les 15 personnes interpellées pour un excès de vitesse, 11 ont eu à faire face à ce dilemme entre attendre ou payer. Parmi ces derniers, six ont choisi de patienter, dont un conducteur qui a échappé à une amende de 400 euros, indique le site The Drive.

A noter que l'Estonie fait partie des derniers pays d'Europe à ne pas disposer de permis à points. En France, tout excès de vitesse est puni du retrait d'au moins un point, ce qui peut donc dissuader un conducteur de récidiver après avoir été verbalisé par un radar automatique ou lors d'un contrôle classique.

Julien Bonnet