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Après le SAS vélo, voici la zone tampon pour passage piéton

Image d'illustration - Des zones tampon pourront désormais être marquées au sol avant les passages cloutés, afin d'assurer plus de sécurité aux piétons.

Image d'illustration - Des zones tampon pourront désormais être marquées au sol avant les passages cloutés, afin d'assurer plus de sécurité aux piétons. - MYCHELE DANIAU / AFP

Cette mesure entrée en vigueur début décembre vise à mieux protéger les passages piétons. Comme le sas vélo, ce marquage au sol doit donner plus d’espace aux piétons sur la chaussée, face aux voitures.

C’est l’une des mesures éclipsées par l’annonce du passage à 80km/h en janvier 2018. Les municipalités vont désormais pouvoir réaménager les passages cloutés pour offrir plus d’espaces entre les véhicules et les piétons, et donc plus de sécurité à ces derniers. Un arrêté du 12 décembre 2018 autorise désormais la création de zone tampon autour des passages.

Concrètement, cette zone se matérialise par un trait en pointillé sur chaque voie de circulation, comme les traits matérialisés par exemple avant certains feux tricolores. Ce trait peut être positionné entre 2 et 5 mètres avant le passage. Les véhicules doivent alors s’arrêter avant cette ligne discontinue, ce qui laisse ainsi plus d’espace entre les voitures, deux-roues ou camions, et les piétons.

"Cette ligne matérialise l'endroit où les usagers circulant sur la chaussée doivent s'arrêter le cas échéant pour assurer une bonne visibilité mutuelle avec les piétons souhaitant traverser", précise l’article 22 de l’arrêté.

Ce marquage avait été expérimenté à Strasbourg, entre 2013 et 2014, aux abords d’une école, dans le cadre d’un plan piéton développé par la municipalité.

Ce trait pointillé installé 2 à 5 mètres du passage doit mettre une distance entre les véhicules et les piétons.
Ce trait pointillé installé 2 à 5 mètres du passage doit mettre une distance entre les véhicules et les piétons. © Ministère de l'Intérieur

35 euros d’amende

Cette nouvelle zone tampon rappelle la philosophie du sas vélo, installé lui avant les feux tricolores. Les véhicules doivent s’arrêter derrière une ligne pointillée, les vélos se placent entre cette première ligne et une seconde au niveau du feu. Le but est de permettre aux cyclistes d’être plus visibles dans la circulation. Comme pour le sas vélo, si les automobilistes ne respectent pas la zone tampon, ils risquent une amende de 35 euros.

En effet, si un piéton s’engage ou manifeste la volonté de s’engager, les conducteurs doivent s’arrêter, sinon ils seront verbalisés. En revanche, si aucun piéton ne traverse, les automobilistes et conducteurs de deux-roues n’ont pas à s’arrêter.

Cette nouvelle sanction s’ajoute à une autre, entrée en vigueur en septembre. Si un automobiliste ne cède pas le passage à un piéton engager ou prêt à s’engager sur le passage, il sera sanctionné de 135 euros d’amende et d’un retrait de six points, voire d’une suspension de permis.

Le marquage au sol fait partie des outils pour améliorer la sécurité des piétons en ville. Plusieurs municipalités, dont Paris, ont par exemple installé des passages piétons en 3D, afin d’inciter les automobilistes à réduire leur vitesse. En 2017, 488 piétons sont décédés, soit 13% de moins que l’année précédente.

Pauline Ducamp