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Saccorhytus, notre ancêtre à grande bouche et dépourvu d'anus

Saccorhytus ne mesurait qu'un millimètre et était très évolué pour sa lointaine époque.

Saccorhytus ne mesurait qu'un millimètre et était très évolué pour sa lointaine époque. - Jian Han / NATURE PUBLISHING GROUP / AFP

Il n'est pas sûr que cette généalogie flatte beaucoup notre ego. Mais les scientifiques pensent avoir trouvé notre plus vieil ancêtre commun, dans un sous groupe de vertébrés au développement extrêmement diversifié.

Qu'avons-nous en commun avec les étoiles de mer et les vers marins? Un ancêtre en forme de sac, percé de huit trous et couronné d'une grande bouche, selon une étude publiée lundi dans la revue britannique Nature

"Nous appartenons, en tant que vertébrés, à un groupe connu sous le nom de deutérostome", explique Simon Conway Morris, de l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni, coauteur de l'étude. "Mais ce groupe comporte une énorme diversité", ajoute le chercheur. Car on y trouve aussi les étoiles de mer, les vers marins, les oursins, etc.

D'où cette question: "Quel est l'ancêtre commun à ces êtres si différents?" En découvrant des fossiles de "saccorhytus", dans la province de Shanxi en Chine centrale, des chercheurs chinois ont débusqué la perle rare.

"Saccorhytus nous dit à quoi ressemblait réellement notre ancêtre commun", avance Simon Conway Morris. "Il était minuscule (1 mm), en forme de sac, avec une bouche très proéminente et huit ouvertures le long de son corps", ajoute le chercheur.

Ancêtre des poissons et donc le nôtre aussi

Les minuscules créatures aquatiques vivaient au début du cambrien, il y a 540 millions d'années. Elle logeaient probablement entre les grains de sable au fond de l'eau. Pour les auteurs de l'étude, il s'agit du plus ancien deutérostomien connu à ce jour. Et du même coup, du "plus vieil ancêtre préhistorique des humains".

"Saccorhytus nous apporte des informations importantes sur les tout premiers stades de l'évolution d'un groupe qui a conduit aux poissons, et finalement à nous", souligne l'Université de Cambridge dans un communiqué.

Des orifices précurseurs des branchies et pas d'anus

Le minuscule animal avait une grande bouche (par rapport au reste de son corps). Il se nourrissait probablement en engloutissant des particules de nourriture et des créatures diverses. Les chercheurs pensent qu'il disposait peut-être de récepteurs sensoriels, mais n'ont rien trouvé qui pouvait ressembler à des yeux.

Autre curiosité: les huit petites ouvertures coniques dispersées le long de son corps. Elles lui permettaient peut-être d'évacuer l'eau qu'il avalait, d'autant plus que l'animal ne semblait pas avoir d'anus. Ces trous "sont peut-être le précurseur évolutif des branchies que nous voyons maintenant chez les poissons", estime l'Université de Cambridge. 

Mais pour les chercheurs, sous ses airs de mini-monstre, Saccorhytus cache "un niveau remarquable de complexité organique à un stade aussi précoce de l'évolution animale".

David Namias avec AFP