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"On avance pas à pas": l'option d'une extraction du béluga de la Seine privilégiée pour le sauver

Un béluga, repéré dans la Seine, nage près d'une écluse, à 70 km de Paris, le 5 août 2022 dans l'Eure

Un béluga, repéré dans la Seine, nage près d'une écluse, à 70 km de Paris, le 5 août 2022 dans l'Eure - Jean-François MONIER © 2019 AFP

Le béluga repéré dans la Seine était toujours dans un état stationnaire ce lundi. Les autorités et les ONG présentes sur place envisagent son transport pour le sauver.

L'option d'une extraction et d'un transport vers la mer du béluga égaré dans la Seine depuis bientôt une semaine est privilégiée par les autorités, a annoncé ce lundi la sous-préfète d'Evreux. La piste de l'euthanasie écartée, trois options étaient encore sur la table ce week-end: une ouverture de l'écluse, le laisser finir sa vie "comme quelqu'un de très malade" ou bien l'extraction.

C'est donc l'hypothèse d'une extraction, qui tenait déjà la corde dimanche, qui est retenue, comme l'a expliqué Isabelle Dorliat-Pouzet lors d'un point presse dans l'après-midi à proximité de l'écluse.

"Il nous a semblé possible de réfléchir peut-être à un transport vers la mer. Dans l'intérêt de ce béluga ça peut se tenter, nous y travaillons ardemment. On est tous très contents de travailler sur cette option", a-t-elle déclaré. "Personne ne peut promettre qu'elle va réussir", a-t-elle toutefois reconnu.

"Il continue de se montrer curieux"

Étant donné la complexité de mouvoir un animal de cette dimension, pesant environ 800 kg, malade et décharné, la sous-préfète n'a pas été en mesure d'indiquer "quand, où et comment" cette délicate opération pourrait intervenir.

En outre, la Manche n'est pas toute proche: l'écluse de Saint-Pierre-La-Garenne (Eure), où le cétacé est entré de lui-même vendredi à 70 km au nord-ouest de Paris, se trouve à environ à 130 km de l'embouchure de la mer. La préfecture de l'Eure a précisé que le transport pouvait se faire par péniche, voie terrestre ou hélicoptère.

"Le béluga ne s'alimente (a priori) toujours pas mais il continue de se montrer curieux. Vers 4 h du matin il s'est frotté pendant 30 minutes sur les parois de l'écluse et s'est débarrassé des tâches qui étaient apparues sur son dos. Les antibiotiques ont également pu aider", a indiqué l'ONG de défense des océans Sea Shepherd sur Twitter.

"Il n'y a pas de solution idéale"

Le Marineland d'Antibes (Alpes-Maritimes), plus grand zoo marin d'Europe, a dépêché dans l'Eure une équipe où figure notamment "un vétérinaire spécialiste des mammifères marins" et qui était attendue en début de soirée.

"On suit les opérations depuis le début à distance (...) On avance pas à pas. Il n'y a pas de solution idéale, il faut peser le pour et le contre, analyser les avantages et les inconvénients" de chaque solution envisagée, a déclaré Isabelle Brasseur, responsable éducation, recherche et conservation au Marineland.

L'équipe de Marineland n'apporte pas de matériel avec elle. Seulement "un brancard, un tissu pour placer l'animal avant de le déplacer. On amène surtout nos compétences", a indiqué Isabelle Brasseur.

Interrogée sur le coût des opérations pour tenter de sauver ce béluga, la sous-préfète, a souligné "l'immense émotion" que causait la présence de cet animal piégé dans les eaux de la Seine, révélant qu'énormément de dons affluaient, venant de fondations, d'associations et de particuliers.

A.G avec AFP