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Les techniques de camouflage élaborées de la vipère du Gabon

La vipère du Gabon ou "Bitis rhinoceros".

La vipère du Gabon ou "Bitis rhinoceros". - -

Pour se cacher dans la végétation de son milieu naturel, ce reptile utilise les nanotechnologies: ses écailles les plus noires utilisent la lumière pour intensifier les contrastes de la peau du serpent, lui permettant de fondre parfaitement dans le décor.

La vipère du Gabon de l'Ouest utilise sans le savoir les propriétés des nanotechnologies pour mieux se camoufler sur le sol recouvert de végétation de son milieu naturel, ont révélé ce jeudi des chercheurs.

Selon eux, les nanostructures qui recouvrent les écailles d'un noir profond formant les taches typiques de la vipère "Bitis rhinoceros" pourraient même contribuer à fabriquer un matériau miracle pour absorber la lumière.

Taches noires

Ces taches d'un noir velouté, qui s'entremêlent avec des écailles blanches et brunes sur le dos de la vipère, ne reflètent qu'une infime partie de la lumière qui leur parvient, créant un contraste qui permet à l'animal de se fondre parfaitement dans son décor végétal.

Une équipe des universités allemandes de Kiel et Bonn a découvert le secret de cet "ultra-noir": des microstructures en formes de feuilles très serrées en recouvrent les écailles, et sont elles-mêmes hérissées d'arêtes nanométriques (un nanomètre est équivalent à un milliardième de mètre).

Une technique applicable à d'autres matériaux?

Et c'est cette combinaison de structures minuscules pointant selon des angles différents qui éparpillerait et piègerait aussi bien la lumière, estime l'étude publiée dans la revue britannique Nature Scientific Reports.

"La structure produisant cet effet de noir velouté pourrait aussi être appliquée à d'autres matériaux", écrivent les chercheurs. Ils pourraient par exemple s'avérer très utiles pour des systèmes optiques ou capturer la chaleur du soleil.