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En Suède, les rennes risquent la famine après une forte vague de sécheresse

Les troupeaux de rennes subissent de plein fouet les conséquences de la hausse des températures dans l'arctique (ILLUSTRATION)

Les troupeaux de rennes subissent de plein fouet les conséquences de la hausse des températures dans l'arctique (ILLUSTRATION) - JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Les Samis, indigènes locaux élevant les rennes, lancent un appel à l'aide au gouvernement suédois.

Cet été aura été marqué par une forte vague de chaleur un peu partout dans l'hémisphère nord. En Suède, les éleveurs de rennes du peuple Sami, souvent appelés Lapons, en appellent à une aide étatique pour les soutenir face à l'impact de la sécheresse sans précédent qui a touché le pays, rapporte le Guardian. Ils craignent pour leur futur, alors que le changement climatique entraîne progressivement un réchauffement des régions du grand nord.

Le gouvernement suédois a annoncé cette semaine le lancement d'une étude destinée à anticiper les effets des vagues de chaleur extrêmes qui risquent de frapper le pays dans le futur. En juillet, le mercure a dépassé les 30 degrés, dans une région où les températures estivales oscillent en général autour des 23 degrés. Avec pour conséquence la survenue de feux de forêts en plein cercle polaire.

"Le signal d'alarme sonne"

Les Samis, élevant traditionnellement les rennes pour leur viande, leur peau et leurs bois, exhortent ainsi le gouvernement suédois à débloquer une aide financière. Seules personnes autorisées à élever ces cervidés dans le pays, ils craignent que leurs troupeaux, composés de pas moins de 250.000 rennes semi-domestiqués, ne manquent de nourriture. Cette aide servirait à payer du fourrage, destiné à compenser la destruction des pâturages hivernaux. Ils pourraient mettre jusqu'à 30 ans pour se reconstituer.

Cité par le journal, Niila Inga, président de l'Association suédoise des Samis, explique que son peuple "vit avec les effets du changement climatique". "Le signal d'alarme sonne. Nous faisons face à des sécheresses, des vagues de chaleurs et des feux. Il s'agit de la survie des rennes, et de la culture sami qui dépend d'eux", raconte-t-il. Sans aide, les éleveurs ont peur que leurs troupeaux ne survivent pas. Ils craignent également que les jeunes rennes, affaiblis, ne puissent suivre leurs mères jusqu'à de nouveaux pâturages.

Situation précaire

N'étant pas propriétaires des terres sur lesquelles leurs animaux paissent, les Lapons - autre nom pour désigner les Samis - demandent également des lois leur permettant d'améliorer la qualité des pâturages. Les rennes se nourrissent principalement en fouillant la neige, déterrant de la sorte du lichen, qui constitue un des aliments principaux de leur régime. Des scientifiques ont déjà présenté des solutions pour répandre du lichen dans les forêts. Mais dans l'immédiat, seuls des financements pourraient répondre à la situation précaire de ce peuple indigène.

Bien que des étés plus chauds favorisent la pousse du lichen, les hivers plus doux et humides entraînent des chutes de pluie plus que de neige. À mesure que la température descend, une solide croûte de glace imperméable se forme alors en lieu et place de la neige habituelle. Avec comme résultat l'incapacité pour les rennes de renifler leur nourriture, et même de creuser pour l'atteindre.

Louis Dubouis