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Des analyses ADN confirment la présence d'un "hybride" mi-loup, mi-chien dans les Pyrénées-Atlantiques

Un chien-loup lors d'une manifestation en Suède, le 6 février 2011.

Un chien-loup lors d'une manifestation en Suède, le 6 février 2011. - Jonathan Nackstrand - AFP

Deux échantillons relevés dans la vallée d'Ossau, dans les Pyrénées-Atlantiques, montrent la présence d'un "hybride" entre loup et chien, a annoncé la préfecture du département.

La présence dans les Pyrénées-Atlantiques d'un "animal hybride entre un loup d'origine italo-alpine et un chien" a été prouvée par des analyses ADN, a annoncé ce mardi la préfecture qui a créé une "cellule de veille" pour confirmer le retour du loup dans la région.

"Un rapport d'expertise, produit le 9 août 2018 précise que deux échantillons envoyés le 18 juillet dernier (sur six envoyés au total) et relevés sur les communes Castet et Louvie-Soubiron près du col de Lallène, caractérisent un même animal, hybride entre un loup d'origine italo-alpine et un chien", précise la préfecture dans un communiqué relayé par France 3 Nouvelle Aquitaine. Les échantillons ont été analysés par le laboratoire Antagene à Lyon. 

"Sur 17 constats de dommages réalisés depuis le mois de mai, 11 n'écartent pas la responsabilité du loup, sans certitude qu'il s'agisse formellement de cette espèce ou de chiens errants", précise le communiqué.

La préfecture annonce cependant "la prise d'un arrêté autorisant les tirs de défense simple par les éleveurs, la création d'une cellule de veille départementale et, en cas d'inefficacité de ces opérations, des tirs de défense renforcés, jusqu'à dix tireurs".

La préfecture n'était pas en mesure de dire à quand remontait la dernière présence du loup dans le département. "Au moins cent ans", a en revanche estimé Pampi Sainte-Marie, éleveur à Lantabat (Pays Basque). "Le loup a été éradiqué ici depuis près d'un siècle, et on nous dit officiellement que cette espèce hybride viendrait d'Italie!", poursuit-il.

"Le loup, c'est comme l'ours, on n'en veut pas"

Julien Lassalle, éleveur de 500 brebis à Lourdios-Ichère (Vallée d'Aspe) déplore "des mesures préfectorales qui viennent bien tard". "Plus de 150 brebis ont été tuées depuis le mois d'avril", assure-t-il. "Le loup c'est comme l'ours, on n'en veut pas, ça tombe mal pour la bande à (Nicolas) Hulot", assène-t-il au moment où le ministre de la Transition écologique a prévu la réintroduction de deux ourses à l'automne dans les Pyrénées-Atlantiques.

Le mois dernier, la FNSEA, les Chambres d'agriculture et les associations d'éleveurs avaient demandé à l'Etat d'autoriser un renforcement des mesures contre les attaques de loups.

L'augmentation de la population de loups adultes observée par l'Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS) à la sortie de l'hiver 2018 (430 loups dénombrés à ce jour, soit une augmentation de 20% depuis l'année dernière) et les naissances nombreuses de louveteaux qu'elle génère se traduisent par une recrudescence des attaques du prédateur sur les troupeaux, avaient alors estimé les organisations agricoles.

L.A., avec AFP