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Approcher baleines et dauphins en Méditerranée: une ONG vous aide à choisir l'option la plus éthique

Un groupe de personnes regarde des dauphins nager au large de Nice, depuis le pont d'un bateau d'excursion (Photo d'illustration).

Un groupe de personnes regarde des dauphins nager au large de Nice, depuis le pont d'un bateau d'excursion (Photo d'illustration). - VALERY HACHE / AFP

Qui n'a jamais rêvé d'approcher des animaux marins dans les eaux turquoises de la Méditerranée? Ces dernières années, ces activités touristiques se développent le long de la Méditerranée. Mais comment distinguer les opérateurs qui respectent les mammifères marins de ceux qui sont moins scrupuleux?

"Derrière l’image de carte-postale, des pratiques peu éthiques". Avec les vacances d'été, nombreux sont les opérateurs à proposer aux vacanciers de la Méditerranée de venir nager avec les dauphins. Pour quelques centaines d'euros, ces opérateurs touristiques proposent des rencontres "inoubliables" ou "exceptionnelles" avec les mammifères marins, souvent dans leur environnement naturel. Mais sont-ils véritablement respectueux des animaux et de leur environnement, comme ils le prétendent?

L'ONG France Nature Environnement a analysé les offres de 24 opérateurs de nage et survol en avion avec les dauphins et autres cétacés, et propose un classement des sociétés du pourtour méditerranéen les plus respectueuses des animaux et de leur environnement.

"Le milieu marin n’est pas une aire de jeu!"

L'organisation non gouvernementale et le Groupe de Recherche sur les Cétacés réclament l’interdiction de cette pratique depuis deux ans, condamnant une pratique "dangereuse" qui "stresse" les dauphins, baleines et autres cachalots. Une pétition a d'ailleurs été lancée par ces deux associations afin de mettre fin "au harcèlement des dauphins sauvages".

"Le milieu marin n’est pas une aire de jeu où tout est permis!", dénonce Michel Dubromel, président de France Nature Environnement. À cette occasion, le président de l'organisation rappelle que ces mammifères "ont besoin de temps de tranquillité pour se reposer, pour socialiser et se reproduire, ainsi que pour se nourrir bien sûr".

"Pour cette raison, le code de bonne conduite mis au point par des experts stipule qu'une distance d'au moins 100 mètres doit séparer les cétacés des bateaux observateurs. Cette distance est une condition nécessaire à l'observation respectueuse des cétacés sauvages", explique-t-il.
Le classement des opérateurs de cétacés réalisé par l'ONG.
Le classement des opérateurs de cétacés réalisé par l'ONG. © France Nature Environnement

3 catégories distinctes

Afin d'aider les touristes à choisir leur prestataire, France Nature Environnement a ainsi classé la vingtaine d'opérateurs du pourtour méditerranéen selon trois critères.

Elle distingue d'abord ceux qui permettent de nager aux côtés des mammifères de ceux qui proposent de les survoler pour les apercevoir, sachant que ces deux activités perturbent les animaux. En revanche, l'ONG distingue une troisième catégorie d'entreprises: celles bénéficiant du label "High Quality Whale-Watching" reconnu par l'État, qui se révèlent bien moins nuisibles" pour les mammifères aquatiques.

Cette distinction, précise l'ONG, implique "une approche des dauphins et des baleines respectueuse du Code de bonne conduite pour l'observation des cétacés de Méditerranée" édicté par les accords internationaux et européens Pelagos et ACCOBAMS. C'est-à-dire que ces opérateurs se sont engagés à trier les déchets à bord de leurs bateaux, à ne pas proposer de nage avec les cétacés, ni d'assistance aérienne.

"En attendant l'interdiction (de ces activités), les citoyens ont le pouvoir d’influencer les opérateurs en choisissant d’aller observer les cétacés de manière éthique", poursuit-il, jugeant cette activité "néfaste pour les populations de dauphins, baleines et cachalots".
Jeanne Bulant