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6.500 dauphins tués chaque année sur la côte atlantique à cause de la pêche

L'ONG Sea Shepherd France appelle les citoyens à se mobiliser et à participer à la consultation publique organisée sur le sujet par le gouvernement jusqu'au 23 juillet.

En février dernier, Sea Shepherd France lançait une alerte pour la protection des dauphins qui peuplent la côte atlantique. D'après l'ONG spécialisée dans la défense des océans, 6.500 spécimens sont tués chaque année en moyenne à cause de la pêche: 3.500 d'après les estimations les plus basses, et jusqu'à 10.000 selon les calculs les plus élevés. Ils sont ensuite rejetés à l'eau déjà morts, et certains s'échouent sur les plages.

Pour l'ONG, les eaux françaises sont devenues un charnier pour cette espèce. Dans des images tournées en février dernier dans le Golfe de Gascogne, on pouvait ainsi apercevoir un chalutier français en train de remonter des dauphins dans ses filets de pêche. Une scène qui se reproduit inlassablement, malgré les lois en vigueur.

"Pour l’essentiel ils sont tués par des bateaux de pêche, ce sont des captures dites 'accidentelles'. Sauf qu’aujourd’hui, on connaît exactement le contexte dans lequel ça arrive: ces bateaux de pêche savent qu’en pêchant sur certaines zones, de nuit, ils vont capturer des dauphins", dénonce sur notre antenne la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali.

Une obligation de déclaration très relative

Si l'ONG réitère son cri d'alarme en ce mois de juillet, c'est parce que le gouvernement, alerté sur le sort de ces dauphins par les associations et les scientifiques, lance une consultation publique sur le sujet, ouverte jusqu'au 23 juillet. Elle vise à préciser la loi actuelle, qui oblige à déclarer les cas de captures "accidentelles" de cétacés et pinnipèdes (la famille des otaries et des phoques).

"L’article 4 de cet arrêté impose un suivi de l’ensemble des captures accidentelles de cétacés et de pinnipèdes par les navires de pêche par une obligation de déclaration. Cependant, cette obligation de déclaration n’a pu être effective, aucun organisme compétent pour la réception de la déclaration n’ayant pu être désigné", constate le gouvernement, qui veut "confirmer l’obligation de déclaration des données de captures accidentelles de mammifères marins à des fins scientifiques et de clarifier leur utilisation sans remettre en cause le secret statistique des données déclaratives".

Appelant les citoyens à participer à cette consultation, Sea Shepherd regrette que le gouvernement veuille maintenir l'anonymat des navires impliqués dans ces captures.

"Aucune surveillance obligatoire n'est prévue, donc les déclarations reposent uniquement sur la bonne volonté des pêcheurs, comme si on demandait aux automobilistes de déclarer leurs excès de vitesse à la gendarmerie", regrette l'ONG sur sa page Facebook, constant aussi qu'"aucun délai de déclaration n'est prévu".

Pour Sea Shepherd, il faudrait également que ces déclarations, si elles sont effectuées, soient traitées par un organisme indépendant, et conseille notamment la présence d'un système vidéo obligatoire sur les navires, ainsi que l'implication d'observateurs dans les pêcheries "identifiées comme problématiques pour les captures". Outre une meilleure surveillance, l'ONG réclame aussi l'interdiction de la pêche au chalut sur les zones de reproduction du bar et des dauphins. Une pétition lancée par Sea Shepherd et adressée au ministère de l'Agriculture a déjà recueilli pus de 64.000 signatures. 
Charlie Vandekerkhove avec Anne Solesne Tavernier et Célia Genest