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Stellantis: les syndicats attendent encore d'en savoir plus sur l'avenir des sites français

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Le patron de Stellantis, Carlos Tavares, rencontrait ce lundi les syndicats français pour un premier dialogue depuis la fusion actée entre PSA et FCA. Les conséquences de l'électrification accélérée en Europe posent encore de nombreuses questions sur l'avenir des sites industriels du groupe en France.
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Une première rencontre importante depuis la fusion entre PSA et FCA. Carlos Tavares, désormais directeur général du nouveau groupe Stellantis, a rencontré les représentants d'organisations syndicales françaises ce lundi. L'occasion de mettre sur la table les enjeux d'une industrie automobile soumise à de profonds bouleversements.

Carlos Tavares était là pour nous entendre, mais sans vraiment de réponses à nos questions. Pour cela, il faudra attendre la présentation du plan stratégique de Stellantis et une prochaine rencontre direction-syndicats est prévue courant juin-juillet", résume Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT.
La direction nous a rappelé qu'il faudra être au rendez-vous de la transition énergétique, avec un horizon 2030 fixé par l'Europe, mais les synergies avec FCA n'ont pas été abordées", explique de son côté Franck Don, délégué CFTC.

L'électrification occupe actuellement tous les esprits. Les objectifs européens de diminution du CO2 vont être fortement durcis dans les prochaines années et les constructeurs automobiles se préparent à y répondre. Affichant depuis longtemps une certaine prudence sur la vague électrique, Carlos Tavares est bien conscient qu'il faudra dans un premier temps consentir à des marges plus faibles sur ces véhicules, comme il le rappelait dans une interview récente aux Echos.

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Dans ce contexte, les syndicats s'inquiètent toutefois d'un nouveau schéma industriel qui serait défavorable aux sites français.

Si la direction de Stellantis s'est engagée à ce que la fusion ne donne pas lieu à la fermeture d'usines en France, certains sujets restent préoccupants pour les syndicats, notamment concernant le site de Douvrin (Pas-de-Calais)

Nous n'avons pas compris la délocalisation de la production du moteur EP en Hongrie et nous avons demandé des précisions à la direction: que va conserver le site de Douvrin comme production? Quels volumes? Et quelle transition peut-on envisager vers le futur site de production de batteries?", détaille Christine Virassamy.

Alors que le démarrage de la production de batteries sur le futur site d'ACC (coentreprise entre Stellantis et Total) est prévue pour 2023, les salariés attendent aussi de savoir quelles seront les possibilités réelles de reconversion.

Il y a aussi des possibilités pour mettre en place de double capacités de production entre les sites européens, et ainsi basculer de manière plus douce vers ACC", poursuit Christine Virassamy.

Autre sujet de préoccupation: le bien-être des salariés. La CFDT met notamment en avant des années d'efforts, avec des résultats financiers à la hauteur de cet engagement.

Le chemin est long dans la transition énergétique, et il va falloir de nouveau être agile et s'adapter, ce qui relance nos questions sur la qualité de vie au travail, alerte Christine Virassamy. Nous avons notamment demandé à ce que la direction des sites industriels prennent davantage en compte la parole des salariés pour trouver des solutions à certaines problématiques, c'est dans l'intérêt du bien-être du salarié, mais aussi une source de performances durables. Nous avons été entendus sur ce point."

Sur le climat social, la CFDT a notamment sensibilisé la direction sur la mobilisation de certains cadres et techniciens sur des postes d'opérateurs depuis le premier déconfinement. Pour faire face à un taux d'absentéisme plus important que d'habitude dans le contexte de la crise sanitaire, le recours a davantage d'intérimaires doit être étudié.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto

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