Toulon : Laporte risque gros

Un mois après ses propos virulents à l’encontre de l’arbitre Laurent Cardona, l’entraîneur toulonnais Bernard Laporte est convoqué ce mercredi devant la Commission de discipline de la LNR. Cette dernière pourrait frapper fort.

A.Bo avec N.J et L.D
Le 05/02/2014 à 8:00

Nous sommes le 4 janvier dernier. Toulon reçoit Grenoble pour le compte de la 16e journée de Top 14. Les Varois mènent de six points en fin de match. A un peu plus de deux minutes de la fin, un avantage est en cours pour le RCT, qui a le ballon. Sitôt l’avantage annulé par l’arbitre, les Grenoblois interceptent le ballon et inscrivent un essai transformé, synonyme de victoire (22-21) à Mayol. Bernard Laporte quitte la tribune en rage. « Ce cher Laurent Cardona, cette "pipasse", déclare le manager toulonnais quelques jours plus tard sur RMC. Il est nul, c’est un incompétent complet et tout le monde le dit. Là, j’estime qu’il nous vole. »

Attaqué, l’arbitre de la rencontre réplique, toujours sur RMC : « Je le dis sur le ton de l’humour, si je rentre dans le vestiaire et que je fais trembler Bakkies Botha (deuxième-ligne RCT ndlr),  je suis fier de moi. Je trouve ces propos-là un peu étranges, autant de jours après la rencontre. Je pense que cela cache autre chose. Une défaillance propre, soit de Bernard Laporte lui-même, soit de ses hommes. » Si le principal intéressé avait préféré prendre ces propos sur le ton de l’humour, ce n’est pas le cas de Paul Goze et la Ligne nationale de rugby, qui ont décidé de convoqué Bernard Laporte et son club, responsable des propos de son employé, devant la commission de discipline.

Une sanction exemplaire ?

Mais pas de quoi effrayer l’ancien sélectionneur du XV de France. « Je vais aller aux Baumettes ? Il faut prendre ça en dérision. Ils font leur métier. Mais je suis content d’y aller pour parler aussi des sanctions de la commission de discipline. » Bernard Laporte risque pourtant gros. L’ex-entraîneur du Stade Français pourrait écopper une sanction exemplaire. Dans ce cas, le règlement prévoit une sanction plafond de 1500 euros d'amende pour l’auteur, 20 000 euros pour le club, mais surtout une interdiction de vestiaire et de tribunes qui pourrait s'étendre jusqu'à la fin de la saison (en Top 14). Il pourrait néanmoins exercer ses fonctions d'entraîneur au quotidien, en dehors des matches.

Si la sanction plancher est une relaxe pure et simple, cette possibilité demeure assez improbable. Car Laporte est un récidiviste. En 2012, le manager varois avait déjà été interdit de banc et de vestiaire 60 jours pour des propos injurieux envers un autre arbitre, Romain Poite. Et il n’est pas le seul. En 2011, pour des propos similaires concernant l’arbitrage, Sébastien Chabal avait écopé de 30 jours ferme de suspension, ramené à 10 jours et des travaux d’intérêt général. Pour ses attaques envers l'arbitre Christophe Berdos, Pierre Berbizier, alors manager du Racing-Metro, avait été suspendu 60 jours.

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