Lance Armstrong menace le cyclisme mondial

L'Américain, qui devrait tout déballer à Oprah Winfrey dans la nuit de jeudi à vendredi, menace l'Union cycliste internationale (UCI), accusée de l'avoir couvert.

NC
Le 16/01/2013 à 14:44
Mis à jour le 16/01/2013 à 14:46
Lance Armstrong  (AFP)

Cyclisme / Armstrong est passé aux aveux


Bassons : « Des Armstrong, il n’y en a pas qu’un »


L’UCI attend très fébrilement le probable déballage de Lance Armstrong, jeudi lors son interview avec Oprah Winfrey. L’ancien septuple vainqueur du Tour de France, déchu de ses titres après les révélations de l’Usada (agence américaine contre le dopage), pourrait entrainer dans sa chute la Fédération cycliste internationale (UCI) soupçonnée de complaisance pour avoir protégé le très organisé système de dopage de l’Américain.

La semaine dernière, les soupçons avaient pris de l’épaisseur après les révélations de Travis Tygart, président de l’Usada, concernant les agissements du laboratoire de Lausanne. Son président, Martial Saugy, lui aurait avoué avoir reçu le leader de l’US Postal et son manager, Johan Bruyneel, à la demande de… l’UCI pour leur expliquer la méthode de détection de l’EPO.

Menace d'exclusion des JO

Si Armstrong confirmait cet épisode, l’existence-même de l’UCI vacillerait très sérieusement. Ainsi, Dick Pound, l’un des membres du CIO, a menacé d’exclure le cyclisme dans son ensemble (c’est-à-dire le cyclisme sur route mais aussi la piste ou le VTT par exemple) du programme des Jeux Olympiques si "LA" reconnaissait avoir été couvert.

Et ce n’est pas la commission indépendante mise en place par l’UCI pour évaluer le rôle joué par l’instance dans l’affaire Armstrong qui sauvera l’organisation dirigée par Pat McQuaid. L’AMA (agence mondiale antidopage) et l’Usada ont déjà remis en cause l’indépendance de cette cellule établie sans la moindre consultation avec les autorités antidopage.

Richard : "Tout le monde a collaboré"

Le refus de l’UCI d’offrir l’immunité aux coureurs qui décident de passer aux aveux interpelle également Travis Tygart "sur la volonté de l’UCI de voir se dérouler une enquête complète, et force à se demander si l’UCI n’a pas bandé les yeux et mis des menottes à la commission indépendante afin de s’assurer du résultat final".

"Je sais comment est le système. Et dans celui-ci, tout le monde a collaboré, sabre l’ancien coureur cycliste suisse, Pascal Richard, champion olympique en 1996. Si Armstrong a agi de cette manière, c'est aussi parce que des institutions ont accrédité les produits qu'il a pris."

"Les personnes très haut placées font n'importe quoi"

Fin octobre, l’UCI a pourtant rayé Lance Armstrong du palmarès du Tour de France. Une décision logique et attendue. Le cas contraire aurait davantage jeté le doute sur l’instance. Mais cette dernière reste muette ces derniers jours devant le risque de grand déballage de la part d’Armstrong.

"Les personnes très haut placées font n'importe quoi. Elles ont préféré laisser Lance Armstrong se faire lyncher seul, ne l'ont pas défendu alors qu'il était un de leurs coureurs, poursuit Richard. Ce que je trouve anormal, c'est qu'on lui a donné la possibilité de prendre, avant de le lâcher."

Peut-être qu’il le leur rendra bien jeudi. En attendant, le président Pat McQuaid, et son prédécesseur, Hein Verbruggen (1991-2005) toujours président d’honneur, ont quelques raisons de trembler.

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