Lors de son entretien chez Oprah Winfrey la semaine dernière, l’ancien vainqueur du Tour lançait un appel aux instances antidopage, nommément l’agence mondiale antidopage (AMA) et l’agence américaine antidopage (USADA). "Si on m’invitait à témoigner dans le cadre d’une commission de vérité et de réconciliation, je serais le premier à la porte", déclarait Lance Armstrong le 18 janvier, dans un signe apparent de bonne volonté après quinze ans de bras de fer et surtout, de déni.
Le lendemain, le Texan de 41 ans en remettait une couche qualifiant sa radiation à vie de "peine de mort". Mais à Montréal, siège de l’AMA, on ne se montre pas très ému par l’appel du pied de l’ex-coureur.
"Le temps passe vite"
"Armstrong a mon numéro de téléphone, il sait où m’appeler, répond David Howman, le directeur général de l’AMA, dans un entretien accordé à RMC Sport. Il a aussi celui de l’USADA. S’il est sérieux, il doit rapidement initier un processus légal. Il doit prêter serment. Mais le temps passe vite. Il ne peut pas attendre indéfiniment, et se contenter d’un talk-show."
Par ailleurs, le n°2 de l’AMA précise que l’audition d’Armstrong n’aurait rien d’automatique. "Il doit d’abord convaincre l’USADA qu’il a de nouvelles informations à apporter, ça se fera en deux étapes."
Howman : "Les soutiens d'Armstrong doivent s'excuser"
En creux, le gendarme mondial de la lutte antidopage n’a pas été convaincu par l’étendue des aveux du Boss sur le plateau d’OWN. "Il a dit les vérités qui l’arrangeaient, poursuit Howman. Il n’a pas voulu compromettre les gens qui l’on accompagné pendant toutes ses années."
Le docteur Ferrari, Johan Bruyneel, l’UCI d’Hein Verbruggen… Au-delà d’Armstrong, le Néo-Zélandais place aussi la fédération internationale devant ses responsabilités. « Tous ceux qui ont soutenu depuis tant d’années tant de mensonges doivent s’excuser pour le mal qui a été fait », déclare-t-il.
Howman refuse de penser que la situation avec l’UCI est "dans l’impasse", après le refus de l’AMA de participer aux travaux de la commission indépendante. Mais, clairement, la balle est dans le camp des anciens acteurs du système Armstrong. « Jusqu’à présent mon téléphone n’a pas sonné ».
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