Ballester : "Armstrong veut assurer ses arrières"

Le journaliste Pierre Ballester connaît parfaitement le cas Lance Armstrong et dénonce la supercherie de l'interview du Texan par Oprah Winfrey. Ce soir place "au second épisode de la saga", sourit-il. Jaune forcément.

GQ (RMC Sport)
Le 18/01/2013 à 17:32

Ballester: "Du mensonge, un peu de vérité et beaucoup de non-dits"


Pierre Ballester, qu'avez-vous pensé des aveux de Lance Armstrong ?

Ce sont des demis, voire des quarts d’aveux. Le fait qu’il reconnaisse, dans un environnement très spectaculaire, s’être dopé, n’est pas nouveau. Cela fait 13 ans qu’on le sait et qu’on le dit. Selon moi, les informations les plus importantes sont celles qu’il n’a pas dites. S’il est allé chez la Mireille Dumas américaine (Oprah Winfrey), c’est que tout était été verrouillé, bien préparé à l’avance avec ses avocats, en négociations avec la justice américaine. Tout se négocie avec elle, y compris sa culpabilité. Le plus important est immergé. On découvrira dans les mois à venir les procédures qui seront lancées, s’il y en a.

Avez-vous été déçu par ces déclarations ?

C’est le tarif syndical. A l’entendre, il a bricolé un programme dans son garage et il y avait simplement un pourvoyeur qui lui acheminait les produits dopants. Il n’a engagé aucune autre responsabilité que la sienne. Sans pathos, sans émotion. Il maitrisait encore une fois bien son sujet. Il y a le 2e volet de la saga Star Wars-Lance Armstrnong demain (cette nuit). Tout est encore à faire.

N'est-ce pas, malgré tout, un petit pas en avant ?

Pour parodier un autre Armstrong, celui qui a marché sur la lune (Neil), il a fait un petit pas de côté pour son sport, mais il a fait du surplace pour la vérité. Non seulement il n’a pas tout dit, mais il a aussi proféré des mensonges. J’en retiens deux. Le premier est qu’il a dit qu’il n’avait forcé aucun de ses équipiers à contribuer au programme de dopage. C’est faux. Dans le rapport de l’agence américaine anti-dopage, il y a parmi les témoins, 11 anciens équipiers qui font état qu’Armstrong leur forçait la main. Le deuxième mensonge que j’ai relevé, c’est quand il dit qu’il ne s’est pas dopé lors de son come-back en 2009 et 2010. Là encore, le rapport de l’USADA assure le contraire de manière irréfutable.

Finalement, Armstrong ne continue-t-il pas à faire de la manipulation ?

C’est une forme de manipulation, bien sûr. Il veut assurer ses arrières. C’est le prolongement des négociations qu’il a pu entamer avec ses avocats. Il veut sauver les meubles, sa peau, son business. Il veut aussi sauver une forme de rédemption par un acte de contrition pour lequel le public américain était pris. Mais même là, je trouve qu’il a foiré son affaire. C’était glacial. C’était Armstrong, mais sans son vélo.

 

Toute l'actu Sport

La question du jour

Si cela était possible, seriez-vous prêt à habiter sur une autre planète?