Une femme entendue pour avoir diffamé la police

Une femme doit être entendue mercredi dans le cadre d'une enquête pour diffamation ouverte après une plainte du ministère de l'Intérieur.

M.R. avec AFP
Le 20/02/2013 à 14:22
Mis à jour le 20/02/2013 à 14:35
 Depuis que son frère a été tué d'une balle dans le dos par un policier en avril 2012, Amal Bentousi milite contre les violences policières (photo d'illustration) (Dodo - Flickr - CC)

Amal Bentounsi est convoquée mercredi après-midi par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) à Paris. La BRDP est chargée d'une enquête pour "diffamation publique envers une administration publique" qui aurait été commise sur le site web d'Amal Bentousi.

Depuis que son frère a été tué d'une balle dans le dos par un policier en avril 2012, cette femme milite contre les violences policières.

"Déni de justice institutionnalisé"

Contacté, le parquet de Paris a confirmé qu'une enquête préliminaire avait été ouverte sur ce site internet depuis fin janvier après une plainte pour diffamation du ministère de l'Intérieur.
    
Le site de d'Amal Bentounsi, qui affirme recevoir 500 visites en moyenne par semaine, exige "que l'Etat reconnaisse les crimes et les violences dont sa police se rend coupable" et dénonce "cette omerta qui pèse sur tout ce qui concerne la police dans ce pays" et un "déni de justice institutionnalisé" pour les familles des victimes.

Réforme de la légitime défense

Son frère Amine, un multirécidiviste recherché car il devait encore purger une peine de prison, a été le soir du 21 avril 2012 par un policier à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, après avoir reçu une balle dans le dos, selon les résultats de l'autopsie.
    
Le gardien de la paix, qui a mis en avant la légitime défense, a été mis en examen pour homicide volontaire.
    
Les policiers avaient organisé plusieurs rassemblements en solidarité avec leur collègue et pour réclamer une réforme de la légitime défense, notamment en défilant sirènes hurlantes et dans leur voiture de service sur les Champs-Elysées. Ils avaient été reçus par les candidats à la présidentielle Nicolas Sarkozy et François Hollande.

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