Un suspect reconnaît le meurtre d'un éducateur de La Courneuve

A.D. avec AFP
Le 12/09/2013 à 22:03

L'homme en garde à vue depuis dimanche dans l'enquête sur la disparition d'un éducateur spécialisé de Seine-Saint-Denis a reconnu l'avoir tué, expliquant son geste par un différend financier, a appris l'AFP jeudi de source judiciaire.
    
Le suspect, originaire comme la victime de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où des membres de leurs familles respectives sont élus au conseil municipal, a été mis en examen jeudi soir pour assassinat, a indiqué cette source judiciaire.
    
Cet homme de 38 ans, un ancien collègue et proche de la victime qui lui avait prêté une forte somme d'argent qu'il n'arrivait pas à rembourser, selon une source proche du dossier, devait ensuite être présenté à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen. Le parquet a requis son placement en détention provisoire. Alors qu'il avait longuement nié être le meurtrier, il a reconnu mercredi soir avoir "pété un câble" après avoir subi, dit-il, un "harcèlement" sans répit depuis 2009 de la part de Mamadou Magassouba, qui lui avait prêté plusieurs dizaines de milliers d'euros pour ouvrir un commerce, selon une source proche de l'enquête.
    
Pressé de rembourser, alors que son ancien ami aurait selon ses dires menacé de s'en prendre à sa famille, il dit avoir agi sans préméditation alors qu'il le conduisait dans l'Oise pour affaires, utilisant d'ailleurs un vieux fusil de chasse que  Mamadou Magassouba lui avait demandé de garder. L'éducateur, tué d'une balle dans la tête, avait été retrouvé mardi à Sainte-Geneviève dans l'Oise, dans un fossé en bordure d'une route. Ce quadragénaire, qui a travaillé ces vingt dernières années dans différentes villes de Seine-Saint-Denis en tant qu'éducateur ou animateur sportif et qui pratiquait la boxe à un haut niveau, avait disparu le 30 août sans laisser de nouvelles.
    
    C'est son frère qui avait alerté la police le 2 septembre.
    
    Le meurtrier présumé est issu d'une fratrie de neuf enfants. Son frère Abdelhak Kachouri est adjoint PS au maire de Saint-Ouen, chargé des questions de sécurité, et vice-président du conseil régional d'Ile-de-France. Il souhaite se présenter comme candidat du PS à la mairie de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) lors des élections municipales de mars prochain. Un membre de la proche famille de la victime, Mamadou Keita, est lui conseiller municipal EELV à Saint-Ouen et ancien candidat aux législatives de 2012 pour le parti écologiste.

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