Sciences Po Bordeaux : deux plaintes pour "sauver son honneur"

La direction de l'institut a déposé deux plaintes après l'alimentation d'une page Facebook l'associant à des contenus sexistes, injurieux et homophobes.

C.P. avec AFP
Le 19/02/2013 à 14:53
Dans l'affaire de la page Facebook sexiste, la direction de l'IEP de Bordeaux vient de déposer deux plaintes. (Illustration - Flickr - cc)

La direction de Sciences Po Bordeaux ne déposera pas une mais deux plaintes, bien distinctes, dans l'affaire de la page Facebook sexiste, dont l'une visant le collectif féministe bordelais qui a rendu l'affaire publique.

La direction a estimé mardi que la page incriminée, associant l'institut à des contenus sexistes, injurieux et homophobes, a porté atteinte "à l'honneur, l'image et la réputation de l'école".

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Première plainte au pénal contre "Osez le masculinisme"

Une première plainte contre X vise le créateur de la page "Osez le masculinisme", fermée depuis, qui contenait "des propos ouvertement sexistes, homophobes et injurieux".

Les animateurs de la page Facebook raillaient "Osez le féminisme" à coup d'insultes, de blagues sur le viol collectif et autres provocations très trash comme un sondage sur l'excision.

La plainte ouvrira la voie à une enquête pénale, la seule permettant de "connaître l'origine précise", de la page, explique un communiqué de la direction.

Par ailleurs, dix élèves seront traduits le 25 février devant le conseil de discipline en raison de leur implication dans l'alimentation de la page.

Seconde plainte en diffamation contre le "collectif féministe"

Une seconde plainte en diffamation contre X a également été déposée contre un collectif féministe bordelais contre les violences sexistes dans l'enseignement supérieur qui, selon la direction, a porté à la connaissance de journalistes l'existence de la page et dénoncé l'inaction de la direction.

Dans des communiqués "publiés après la fermeture de la page incriminée", le collectif accuse la direction "d'avoir minimisé la portée des propos tenus" et lui reproche sa "prétendue passivité voire sa complicité", indique l'IEP, qui juge ces accusations diffamatoires.

Des membres du collectif souhaitant garder l'anonymat, ont expliqué que celui-ci était composé d'une vingtaine d'étudiants et d'enseignants de Sciences-Po Bordeaux et d'autres université bordelaises. Ils ont assuré qu'ils n'avaient pas cherché à diffamer l'IEP et assuré que plusieurs enseignants avaient demandé des sanctions visant les auteurs de la page, demande restée sans réponse publique dans un premier temps.

C'est ensuite que l'existence de la page a été portée à la connaissance de journalistes.

"Guerre des sexes"

Le collectif a lancé le 14 février une pétition de soutien signée sur internet par plus de 350 personnes. La pétition assure que 95% des professeurs d'université à l'IEP sont des hommes. Elle exige la mise en place d'un ou d'une "chargé de mission pour l'égalité hommes femmes" et la tenue d'un débat concernant "les rapports de domination dans l’enseignement supérieur".

La direction assure elle que l'institut bordelais "compte plus de 60% de femmes parmi ses quelque 1.900 étudiants" et que si une "guerre des sexes" secouait l'établissement "elle se donnerait à voir avec une autre ampleur qu’au travers de trois communiqués anonymes".

Elle souligne que si 93% des professeurs d'université sont des hommes, ceux-ci ne représentent que 45% des agrégés et 58% des maîtres de conférence, un déséquilibre non spécifique à l'établissement.

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