Procès "pétrole contre nourriture": Pasqua nie jusqu'au bout

Le procès des détournements d'un programme de l'ONU, qui met en cause vingt prévenus issus des milieux politique, économique et diplomatique, s'est achevé mercredi. Le jugement a été mis en délibéré.

M. T. avec AFP
Le 20/02/2013 à 19:34
Le jugement de ce procès, qui s'est achevé mercredi après un mois de débats, a été mis en délibéré au 8 juillet (photo d'illustration). (Avjoska - Wikimedia - CC)

Pour Charles Pasqua et ses dix-neuf co-prévenus, il faudra attendre le 8 juillet. C'est à cette date que le tribunal correctionnel de Paris a mis, mercredi, sa décision en délibéré dans le procès des détournements du programme de l'ONU en Irak "pétrole contre nourriture".

L'ultime audience s'est achevée avec de brèves déclarations des prévenus, précédées des plaidoiries de la défense de Charles Pasqua. Celle-ci s'en est violemment prise aux "méthodes" de l'ancien juge d'instruction Philippe Courroye, qui avait instruit ce dossier jusqu'en 2007.

"Je n'ai jamais reçu quelque argent que ce soit"

Le parquet avait requis la semaine dernière la relaxe de l'ancien ministre de l'Intérieur, auquel est revenu mercredi le mot de la fin : "je n'ai jamais reçu quelque argent que ce soit, de quelque manière que ce soit, à la suite de quelque opération que ce soit avec l'Irak. Je suis persuadé que ce message aura été reçu."

Dix-neuf autres prévenus ont été jugés aux côtés de Charles Pasqua, dont le groupe pétrolier français Total, son PDG Christophe de Margerie, plusieurs de ses cadres et diverses personnalités poursuivies pour la plupart pour trafic d'influence et corruption.

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Le ministère public a demandé au tribunal de condamner Total, personne morale, à 750.000 euros d'amende pour corruption, peine maximum prévue à l'époque des faits. Il n'a en revanche pas demandé de peine contre le PDG du groupe.

Ils étaient diplomate, journaliste, homme d'affaire ou militant

Des amendes ont aussi été requises contre d'anciens diplomates, un journaliste, des hommes d'affaires et des militants, soupçonnés d'avoir reçu du régime de Saddam Hussein des barils de pétrole en échange d'un supposé lobbying pro-irakien.

Une seule peine de prison, de 18 mois dont 6 ferme, a été réclamée, à l'encontre de Bernard Guillet, ancien conseiller diplomatique de Charles Pasqua.

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