Pilule de 3e génération : les médecins craignent une "panique"

Les médecins montent au créneau pour contrer les risques de "panique à la pilule" après les mesures des autorités sanitaires pour réduire les prescriptions de pilules contraceptives de 3e génération.

A. G. avec AFP
Le 04/01/2013 à 18:45
Mis à jour le 04/01/2013 à 18:46
Les plaintes déposées contre les pilules de troisième génération inquiètent beaucoup de femmes. (PHILIPPE HUGUEN - AFP)

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Pilule 3ème génération : Le planning familial pris d'assaut


L'inquiétude gagne de plus en plus de femmes depuis que le débat sur les risques de la pilule de 3ème génération est ouvert. Une "panique à la pilule" qui pousse certains médecins à monter au créneau pour défendre ce mode de contraception.

"Je suis catastrophé de voir que le gouvernement panique à la suite d'une plainte", a déclaré sur France Info le gynécologue Israël Nisand, faisant référence à une plainte déposée à la mi-décembre par une jeune femme victime d'un accident cardio-vasculaire cérébral imputé à la pilule de 3ème génération.

"Cette panique va provoquer une espèce de défiance à l'égard de la contraception orale. Cela s'est déjà produit dans d'autres pays et le nombre d'interruption volontaire de grossesse a augmenté", a-t-il ajouté, fustigeant la "petite opération financière" du gouvernement. Mercredi, le ministère de la Santé a en effet annoncé que les pilules de 3ème génération ne seraient plus remboursées à partir du mois de mars.

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"Ne pas tomber dans la peur irrationnelle"

Le gynécologue Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, affirme, lui, avoir reçu en quelques jours des dizaines d'appels inquiets de patientes prenant ce type de pilule.

Dans la très grande majorité des cas, ces femmes prennent ce contraceptif depuis plusieurs années, et la question du risque de thrombose veineuse se pose peu puisque le "sur-risque" se manifeste "essentiellement dans les premiers mois" de traitement. "Il ne faut pas tomber dans la peur irrationnelle et courir un risque différent et peut-être plus grave : celui d'une grossesse non désirée", estime le Pr Hédon.

Consciente du risque, la ministre de la Santé a tenté de calmer le jeu. "Il faut éviter de donner le sentiment que la pilule serait un danger", a mis en avant jeudi Marisol Touraine en sortant du Conseil des ministres, sans toutefois évoquer la possibilité d'une campagne d'information nationale, comme le réclament désormais certains médecins.

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