Tuerie de Chevaline: un homme arrêté, l'enquête est relancée

Originaire de Haute-Savoie, il a été arrêté à proximité de Chevaline, où une famille de Britanniques d'origine irakienne et un cycliste français avaient été abattus en septembre 2012.

M. T. avec Cécile Ollivier | vidéos Igor Sahiri
Le 18/02/2014 à 10:41
Mis à jour le 19/02/2014 à 8:44

Dix huit mois après la tuerie de Chevaline, l'enquête a connu mardi un nouveau rebondissement. Un homme a été interpellé et placé en garde à vue en Haute-Savoie dans le cadre de cette affaire où quatre personnes, dont trois Britanniques, ont été tués le 5 septembre 2012, révélait dès 10h40 notre journaliste Cécile Ollivier. Selon une source proche du dossier, l'homme est un ancien policier municipal, qui a été radié de la fonction publique territoriale. Une perquisition était en cours dans l'après-midi à son domicile en présence de sa compagne. Le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud donnera mercredi à 14 heures une conférence de presse concernant l'enquête.

• Retour sur les faits. Saad al-Hilli, un ingénieur britannique d'origine irakienne, sa femme et sa belle-mère avaient été exécutés de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline, en Haute-Savoie, près de la frontière suisse. Sylvain Mollier, un cycliste français jusque là considéré par les enquêteurs comme une victime collatérale avait également été abattu. On fait le point sur les nouveaux éléments de l'enquête.

> Que sait-on de l'homme interpellé?

• Reconnu grâce au portrait-robot. L'homme de 48 ans interpellé mardi correspond au portrait-robot d'un motard présent sur les lieux le jour du drame. Son arrestation est "le fruit des témoignages recueillis" après la diffusion de ce portrait-robot en novembre 2013, précise Eric Maillaud, le procureur de la République à Annecy. Selon nos informations, sur une centaine de coups de fils reçus, une quarantaine ont pu être exploités.

• Un ancien policier municipal
. L'homme qui a été ensuite placé en garde à vue est un ancien policier municipal de Menthon-Saint-Bernardde Menthon-Saint-Bernard, a indiqué une source proche de l'enquête. "L'intéressé, s'il s'agit bien de lui, a été révoqué en juin", a précisé Antoine de Menthon, maire de Menthon-Saint-Bernard. "Il a été radié de la fonction publique territoriale", a-t-il ajouté.

• Il habite un village voisin. Interpellé à proximité de Chevaline, l'homme est originaire de la région. Selon une source proche du dossier, il est décrit par les enquêteurs comme un "montagnard taiseux", vivant comme un marginal et amateur d'armes.

• Un casque de moto très particulier. L'un des éléments qui a permis de l'interpeller: son casque de moto - un modèle très particulier qui s'ouvre sur le côté, du type de ceux utilisés dans la gendarmerie et fabriqué en peu d'exemplaires - 8.000 selon Dominique Rizet, spécialiste police-justice de BFMTV.

Le motard recherché était présent sur les lieux du crime sur un deux-roues de couleur blanche. C'est un garde-forestier français, présent quelques minutes avant la tuerie, qui l'affirme: selon lui, l'homme se serait garé sur le parking juste avant l'arrivée de la famille al-Hilli.

> Quoi de nouveau pour l'enquête?

• La piste locale. La piste familiale, longtemps privilégiée, s'éloigne au profit de la piste locale. Il y a quelques semaines, les autorités britanniques avaient d'ailleurs indiqué que le contrôle judiciaire de Zaïd al-Hilli, le frère aîné du père de famille tué, avait été levée: il n'y avait pas suffisamment d'éléments pour le confondre. C'est le mobile du conflit d'héritage avec son frère qui avait conduit les enquêteurs à s'intéresser à lui.

• Une arme "locale". La piste de l'espionnage industriel (Saad al-Hilli était ingénieur pour une société de satellites civils), également évoquée, n'est plus privilégiée par les enquêteurs. Ceci notamment du fait de l'arme utilisée, un Luger P06-765, qui n'est pas la marque des tireurs professionnels. Cette arme possède en outre un caractère "local", puisqu'elle se trouvait en dotation dans l'armée suisse.

• Des armes chez l'homme interpellé. De nombreuses armes ont été saisies chez l'homme interpellé. "La présence de ces armes confirme la passion de cet homme, collectionneur d'armes anciennes", précise une source proche de l'enquête. Les armes saisies vont faire l'objet d'examens balistiques pour voir si elles ont été utilisées. Selon nos informations, un pistolet Luger a été retrouvé à son domicile, mais d'un calibre différent de celui utilisé pour les meurtres. En outre, des revues sur les Luger, l'arme du crime ont été retrouvés chez l'homme interpellé.

• Le téléphone portable de l'homme interpellé borné dans la zone du crime. L'examen du téléphone portable de l'homme interpellé le situe dans la zone de la tuerie au moment des faits. Pour autant, mardi soir, les gendarmes ne disposaient pas "d'éléments déterminants" pour confondre cet homme.

> D'autres personnes impliquées?

• Un homme interpellé mais pas suspecté. Après cette arrestation, le parquet d'Annecy a néanmoins appelé à la prudence: il rappelle que cet homme, même placé sous le régime de la garde à vue, n'est à ce stade de l'enquête pas considéré comme suspect.

• D'autres interpellations à prévoir? Le procureur a toutefois précisé que "cette interpellation ne resterait peut-être pas unique". Selon Dominique Rizet, un autre portrait-robot existe dans l'enquête, celui d'un homme sans casque. Et d'après le dossier d'enquête, les gendarmes se sont déjà intéressés à une dizaine de personnes au niveau local.

Il existe également un autre suspect, un homme chauve à la peau foncée, croisé par le même garde-forestier que le motard peu avant le quadruple meurtre. Celui-ci conduisait un 4x4 BMW de type X5 avec le volant à droite, particularité des véhicules britanniques.

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