Gestation pour autrui : "notre seule façon de transmettre la vie"

Chaque année, des couples français se tournent vers des mères porteuses à l'étranger, préférant cette démarche à l'adoption. Décryptage.

Alexandra Gonzalez
Le 01/02/2013 à 20:21
La légalisation de la gestation pour autrui n'est pas à l'ordre du jour en France. (harinaivoteza-cc-Flickr)

BFM Rétro : les mères porteuses - 30/01


La polémique sur les mères porteuses a continué, vendredi, à enflammer les débats à l'Assemblée nationale sur le mariage homo. Le chef de l'Etat a fait savoir qu'il était toujours "formellement opposé" à cette pratique, interdite depuis 1991, ce qui ne dissuade pas de nombreux parents de se rendre à l'étranger pour faire "porter" leur bébé.

Des parcours différents les uns des autres, mais qui partent très souvent d'un problème de santé, empêchant la femme de tomber enceinte ou d'avoir recours à la procréation médicalement assistée. Malgré l'illégalité de la procédure et son prix prohibitif, jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros, la gestation pour autrui concernerait plusieurs centaines de naissances par an, selon les associations, et principalement des familles hétérosexuelles.

"C'est une évidence"

Pourquoi ont-elles recours à ce parcours plutôt qu'à l'adoption ? "Il n'y a pas de règles. Parfois, ce parcours est directement choisi car il correspond à la fois à la possibilité de transmettre une partie de soi, et de se réaliser en tant que parent", explique Alexandre Urwicz, co-président de l'association des familles homoparentales, pour qui "ce choix ne relève que de l'individu et pas de la société."

"Pour les parents que nous rencontrons, comme leurs ovocytes et leurs spermatozoïdes fonctionnent correctement, il n'y a pas matière à réfléchir à l'adoption. La gestation pour autrui est une évidence, alors même que c'est très long et très difficile", explique de son côté Anaïs, porte-parole de l'association Maïa, qui soutient des parents touchés par des problèmes d'infertilité. "Pour ces femmes, la seule façon de transmettre la vie est d'avoir recours à une mère porteuse."

"La filiation passe par l'éducation"

Un avis que ne partage pas le Dr Christian Clavigny, pédopsychiatre et spécialiste de la filiation. "Adopter, c'est aussi transmettre la vie, car c'est constituer une famille. Dans l'imaginaire des gens, la ressemblance physique est une garantie de filiation. On se sent être véritablement le père de l'enfant dès lors qu'on lui a transmis des chromosomes. En réalité, la filiation passe par l'éducation. Je reçois beaucoup de parents adoptants que j'aide à surpasser cette absence de transmission génétique."

Tous s'accordent cependant à dire que l'adoption reste en France un parcours encore trop compliqué, qui aboutit pour trop peu d'élus. Pour Anaïs, "si l'adoption devenait plus accessible, les parents se tourneraient plus facilement vers cette démarche plutôt que vers des traitements médicaux."

En 2011, selon un rapport du Ministère de la Justice, 1995 ont été adoptés par des couples français, pour une moyenne de 9000 demandes par an.

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