Les "Cannabis Social Clubs" veulent être légaux

Des cultivateurs membres de "Cannabis social clubs" ont l'intention de se déclarer dans les préfectures en février, un "acte de désobéissance civile".

M.R. avec AFP
Le 05/01/2013 à 11:50
Mis à jour le 05/01/2013 à 11:56
 (Eric Caballero - Flickr - CC)

Depuis 2009, des cultivateurs se regroupent dans des "Cannabis social clubs ". Estimés entre 150 et 200 en France, il font pousser et partagent leurs plants. Ils ont l'intention de se déclarer dans les préfectures en février 2013, un "acte de désobéissance civile", selon Dominique Broc, le porte-parole national du projet.

"Un acte de désobéissance civile"

"C’est un acte de désobéissance civile. Nous voulons imposer notre activité", assure Dominique Broc. A visage découvert, il présente un "espace de culture" d'une dizaine de mètres carrés, installé à son domicile. Des lampes bleues à économie d'énergie, allumées 18 heures par jour, font croître les plantations de chanvre alors que des lampes jaunes au sodium, en activité douze heures par jour les chauffent afin d'en permettre la floraison.
    
"Nous produisons pour protéger notre société des effets pervers des mafias qui sont en train de s'implanter sur le territoire pour produire du cannabis, souvent frelaté, à grande échelle et le revendre à nos enfants", explique ce jardinier de profession.

"Un confort de vie"

Dans cette production collective, seize personnes partagent les frais solidairement : le chanvre, le terreau, les engrais et l'électricité. "Chacun au prorata de sa consommation (de 500 grammes à 3 kilos), paye en fonction de son besoin au prix de revient", précise Dominique Broc, qui compare cette activité à celle des coopératives : "nous ne souhaitons pas vivre du fruit de notre production. Nous avons tous un travail à côté. A la poussière près, nous sommes capables de dire ce que nous produisons".
    
Selon lui, les liens de confiance unissant les membres du club, fermé aux mineurs, éliminent tout risque de revente. "En partageant les frais, on arrive à un coût de 25 centimes le gramme, voire inférieur, alors qu'au marché noir, on trouve la même chose d'une qualité douteuse entre 10 et 15 €", assure-t-il. Le club compte notamment un électricien, un médecin et un chauffeur de taxi qui fument pour "un confort de vie" ou pour "des raisons thérapeutiques". Il cite aussi l'exemple d'une femme atteinte d’une sclérose en plaques qui "soulage ses douleurs avec l'aval de son médecin, en fumant du cannabis".

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