Les CAF vont pouvoir financer 100.000 places en crèches

Mais pour les collectivités locales, qui cofinancent avec les CAF leur construction et leur fonctionnement, la marge de manœuvre est extrêmement réduite.

C.P. avec AFP
Le 16/07/2013 à 12:54
Le gouvernement avait annoncé début juin la création de 100.000 places au cours des cinq prochaines années. (Illustration - Jean-Luc Rioult - Flickr - CC)

Le gouvernement avait annoncé début juin la création de 100.000 places au cours des cinq prochaines années. La feuille de route de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) est désormais fixée pour cinq ans, grâce à une convention signée, mardi, avec l'Etat, qui entérine la création de 275.000 places d'accueil pour les jeunes enfants.

Selon cette Convention d'objectifs et de gestion (COG), les ressources du Fonds national d'action sociale (Fnas), qui finance les crèches, les centres de loisirs et d'autres actions en faveur des jeunes, vont augmenter de 7,5% par an, passant de 4,6 milliards d'euros à 6,7 milliards en 2017.

Cela doit permettre de financer les 200.000 nouvelles solutions d'accueil pour les 0-3 ans (en établissements collectifs et via des assistantes maternelles) ainsi que 75.000 nouvelles places à l'école maternelle.

Cette nouvelle convention concrétise le développement d'une politique permettant "aux parents de concilier vie familiale et vie professionnelle", a souligné la ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, dans un communiqué.

Collectivités locales: addition salée

Mais les collectivités locales, qui cofinancent avec les Caisses d'allocation familiales (CAF) la construction des crèches, ont déjà prévenu que leurs marges de manoeuvre étaient extrêmement réduites, ce qui pourrait mettre en péril l'ambition du gouvernement.

Un fonds d'accompagnement de plus de 600 millions d'euros devra permettre de répondre aux besoins d'accueil spécifiques, comme des horaires atypiques.

Le texte réaffirme aussi l'objectif, inscrit dans le plan de lutte contre la pauvreté, d'accueillir dans les crèches 10% d'enfants issus de familles pauvres.

Les crédits consacrés au "soutien à la parentalité" sont par ailleurs doublés, passant de 50 millions d'euros par an à 100 millions.

"Faire payer les familles"

L'évolution du Fnas doit parallèlement permettre de financer la réforme des rythmes scolaires et la prise en charge des enfants lors des temps libérés dans la journée avec, à partir de 2015, un budget annuel de 250 millions d'euros.

C'est là que le bât blesse, pour la CGT, qui avec FO, n'a pas signé la convention, alors que la CFDT s'est abstenue. "L'argent bloqué pour les rythmes scolaires va s'avérer nettement insuffisant", assure Alain Giacomel, administrateur CGT, qui redoute que les communes soient contraintes en fin d'année de "faire payer les familles pour assurer la poursuite des activités".

L'autre critique porte sur les effectifs. Car pour répondre à la charge de travail supportée actuellement par les CAF, dont certaines sont régulièrement contraintes de fermer temporairement, l'Etat a autorisé l'embauche immédiate de 700 agents supplémentaires, dont au moins 500 emplois d'avenir.  "Les caisses ne vont pas pouvoir répondre à leur mission de service public", déplore Alain Giacomel.

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