Allocations familiales : ces réformes qui n'ont jamais vu le jour

La fiscalisation des allocations familiales préconisée par Didier Migaud ce week-end est loin d'être le premier débat sur le sujet en France. Mais, face à la grogne, le pouvoir politique a souvent reculé voir occulté le débat.

Samuel Auffray
Le 19/02/2013 à 14:10
Mis à jour le 19/02/2013 à 14:31
Les allocations familiales vont-elles être réformées ?  (AFP)

Le taux de fécondité de la France - 2,01 enfants par femme en 2012 selon l’InseeE - est l’un des plus élevés des pays occidentaux et se maintient notamment grâce à la politique de la natalité mise en œuvre à la Libération, en 1945. Celle-ci repose sur une participation active de l'Etat et notamment par une aide financière pour élever les enfants avec pour idée principale d'aider les familles - sans considération de revenus - chaque couples ayant deux enfants et plus.

Dimanche matin, Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, a toutefois suggéré que fiscaliser les prestations familiales pouvait être une piste pour augmenter les recettes de l'Etat. D'ailleurs, d'après le Journal du Dimanche, c'est un des scénarios sur lequel travaille le gouvernement. L’objectif d'une telle fiscalisation ? Récupérer 800 millions pour les caisses de l’Etat.

>> Fiscalisation des allocations familiales : qui serait perdant ?

L'exemple de Jospin et Juppé

Problème, chaque tentative de réforme des allocations familiales s'est soldée dans le passé par une levée de bouclier et par l’abandon pur et simple de la réforme.

En 1998 par exemple, Lionel Jospin avait voulu distribuer les allocations en fonction des revenus, estimant nécessaire de préserver les aides pour les foyers les plus nécessiteux. Un plafond de 3.900 euros avait alors été mis en place pendant trois mois, avant d'être abandonné. En 2010, Jacques Attali avait, lui aussi, préconisé cette solution mais elle fut également rejetée par le gouvernement Fillon.

Autre tentative : celle d'Alain Juppé en 1995. Il avait souhaité fiscaliser les allocations familiales comme un revenu semblable au salaire. Les associations s’étaient alarmées et le projet n’avait pas fait long feu.

Un sujet tabou en campagne

Durant la campagne de 2012, le magazine Femmes Actuelles avait interrogé les différents candidats à la présidentielle sur ce sujet.

A l'époque, une grande majorité des prétendants à l'Elysée prévoyait de ne rien changer, justement, au principe d’universalité. Des députés avaient même signé un communiqué révélateur : "il serait dangereux de remettre en cause les fondements de la politique familiale de la France".

"Cette histoire fait partie des farces et attrape, souriait Alain Madelin sur BFM Business. Chaque fois, la sagesse reporte ça au quinquennat suivant."

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