Affaire Typhaine : la mère et le beau-père devant les assises

La mère et le beau-père de la petite fille, morte à 5 ans, en 2009, des suites des mauvais traitements qui lui ont été infligés, comparaissent devant les assises du Nord, à compter de ce lundi, pour "homicide volontaire". Ils encourent la prison à vie.

A.S. avec AFP
Le 21/01/2013 à 8:43
La mère et le beau-père de Typhaine étaient passés aux aveux six mois après avoir tué la fillette. (BFMTV)

La mère et le beau-père de Typhaine, fillette de 5 ans devenue leur "souffre-douleur" jusqu'à sa mort, en juin 2009, comparaissent à partir de lundi devant la cour d'assises du Nord pour "homicide volontaire".
    
Anne-Sophie Faucheur, 26 ans, et son compagnon, Nicolas Willot, 27 ans, sont accusés d'avoir tué Typhaine dans la soirée du 10 juin 2009 après un ultime déchaînement de violences et d'avoir fait croire à son enlèvement pour cacher son décès. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

"Pressé de s'expliquer"

Anne-Sophie Faucheur "reconnaît les faits, elle ne se pardonne pas, elle ne se pardonnera jamais, elle ne comprend pas elle-même ce qui l'a poussée à agir comme ça", a déclaré son avocate, Me Blandine Lejeune.
    
Nicolas Willot est "tout à fait traumatisé encore aujourd'hui par les actes qu'il a pu commettre" et est "pressé de s'expliquer", selon son défenseur, Me Emmanuel Riglaire.
    
Le corps de Typhaine avait été dissimulé plusieurs jours dans la cave de leur domicile à Aulnoye-Aymeries dans le Nord, avant d'être enterré nu dans une forêt de la banlieue de Charleroi, en Belgique, par son beau-père.
    
Anne-Sophie Faucheur avait déclaré la disparition de sa fille le 18 juin, enlevée selon elle dans le centre-ville de Maubeuge, allant jusqu'à accuser la police d'avoir tardé à engager des recherches pour la retrouver lors d'une conférence de presse moins d'une semaine plus tard.

Aveux

Le couple avait fini par avouer en garde à vue près de six mois plus tard, Anne-Sophie Faucheur évoquant une mort accidentelle après une punition qui tourne mal. Son compagnon, pompier volontaire, avait fait état de "sévices réguliers" sur la fillette, devenue "le souffre-douleur de la famille".
    
Le couple avait été mis en examen pour coups mortels et écroué, mais le juge d'instruction en charge du dossier avait plus tard requalifié les faits en "homicide volontaire".
    
Le cadavre de Typhaine avait été finalement retrouvé début décembre sur les indications de Nicolas Willot. Son autopsie confirmait les violences répétées, mais n'avait pas permis d'établir les causes exactes de la mort.

Punitions de plus en plus sévères

Confiée à l'âge de 18 mois à sa famille paternelle après la séparation de ses parents, Typhaine avait été "enlevée" par sa mère à la sortie de l'école en janvier 2009.
    
Plus scolarisée et sortant rarement, elle avait été rapidement "prise en grippe" par sa mère, elle-même battue dans son enfance, "qui n'arrivait pas à nouer un lien maternel" avec cet enfant qui n'avait pas été désiré, a expliqué Me Lejeune.
    
Simples punitions au départ, les violences étaient allées crescendo : privations, coups souvent suivis de douches froides, jusqu'à la mort de Typhaine. Le couple aurait décidé de cacher le décès par "peur de perdre" Caroline, d'un an l'aînée de Typhaine, et Apolline, née de l'union d'Anne-Sophie Faucheur et de Nicolas Willot, a avancé Me Riglaire.

Anne-Sophie Faucheur "a voulu appeler la police tout de suite, c'est son compagnon qui l'en a empêchée. (...) Et après, ils se sont enfermés dans ce mensonge", a ajouté Me Lejeune.

Les associations Enfant et partage et L'Enfant bleu-enfance maltraitée se sont portées parties civiles. Le verdict est attendu vendredi.

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