Affaire Tapie: Christine Lagarde est-elle tirée d'affaire?

Placée sous le statut de témoin assisté, vendredi soir, dans l'enquête sur le réglement du litige entre l'homme d'affaire Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, la directrice du FMI échappe à la mise en examen. Mais cela ne veut pas dire que les soupçons à son égard sont levés. Explications.

A.S. avec Sophie Hébrard
Le 25/05/2013 à 10:09
Mis à jour le 25/05/2013 à 11:04


La directrice du Fonds monétaire international a été placée, vendredi soir, à l'issue d'une audition de deux jours devant la Cour de justice de la République, sous le statut de témoin assisté dans l'enquête sur le réglement du litige qui opposait l'homme d'affaire Bernard Tapie au Crédit Lyonnais, sur la vente d'Adidas.

Un soulagement pour la droite mais aussi pour la gauche qui, après l'affaire DSK, n'avait pas besoin d'un nouveau scandale au FMI. Christine Lagarde échappe donc à la mise en examen mais cela ne veut pas dire que les soupçons à son égard sont levés.

Un statut juridique "intermédiaire"

"Les magistrats de la Cour de justice de la République sont précautionneux", analyse le journaliste d'investigation Laurent Mauduit. "S'ils estiment qu'ils n'ont pas encore des soupçons graves et concordants, ils la placent dans un statut juridique intermédiaire de témoin assisté".

Ce statut de témoin assisté lui a été attribué pour le rôle qu'elle a joué en 2007 dans le choix de recourir à un tribunal privé pour régler le contentieux qui opposait Bernard Tapie au Crédit Lyonnais. Un recours inapproprié selon les experts et qui a permis à l'homme d'affaire de toucher plus de 400 millions d'euros.

"La justice judiciaire classique a été contournée au profit de l'arbitrage qui n'est pas fait pour ce type de procédure", déplore le professeur de droit Thomas Clay, sur BFMTV. "Le choix de cet arbitrage c'est que de 145 millions non acceptés par la Cour de cassation, on est passé à 403 millions".

Abandon des poursuites ou mise en examen

Bernard Tapie aurait-il bénéficié d'aide au sommet de l'Etat? En d'autres termes, le choix de l'arbitrage était-il vraiment celui de Christine Lagarde?

"Il faut encore avoir la preuve qu'il y ait une instruction. Christine Lagarde qui, sans doute, tient à protéger Nicolas Sarkozy, dont elle était très proche, le conteste", rappelle de son côté Fabrice Lhomme, journaliste au Monde.

Alors, quelle suite pour Christine Lagarde? Pour l'heure, deux possibilités: soit la justice abandonne les poursuites, soit l'ancienne ministre est mise en examen.
Mais dans les deux cas, la directrice du FMI devra rendre des comptes à son conseil d'administration.

Le Fonds monétaire international a pour sa part indiqué qu'il évoquera la situation de sa patronne "dans les prochains jours".

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