À Mont-de-Marsan, une enquête ouverte autour de magistrats twittos

Deux magistrats landais se retrouvent visés par une enquête administrative après avoir échangé et publié de nombreux tweets pendant une audience, la semaine dernière.

A. S.
Le 28/11/2012 à 15:49
Mis à jour le 28/11/2012 à 15:50
Twitter, bientôt interdit des tribunaux ? (BFMTV)

Twitter bientôt refoulé des tribunaux ? Le quotidien Sud-Ouest rapporte, dans son édition de mercredi, qu'une enquête administrative a été diligentée à l'encontre de deux magistrats landais pour avoir échangé de nombreux tweets considérés comme "légers", en pleine audience.

Centaine de tweets

Pendant trois jours, la semaine dernière, les deux juges, tous deux très actifs sur Twitter, ont envoyé une centaine de tweets "légers", en contraste total avec le sérieux de la situation dans laquelle ils se trouvaient, en l'occurence un jugement relatif à une tentative de meurtre.

Jugement qui s'est conclu vendredi par la condamnation à dix ans de réclusion criminelle de l'accusé.

Plaisanteries en ligne

@Proc_Gascogne et @Bip_Ed - Stéphane Lambert et Emmanuel Douchin, de leurs vrais noms, révélés par Sud-Ouest - se sont ainsi moqués des protagonistes du jour, à grand renfort de hashtags. "On a le droit de gifler un témoin ? #jplq", a posté l'un des deux intéressés. "Bon, ça y est, j’ai fait pleurer le témoin… #Oranginarouge", a renchéri l'autre. Ou encore : "Question de jurisprudence : un assesseur exaspéré qui étrangle sa présidente en pleine audience, ça vaut combien ?"

Des messages basés sur des plaisanteries, dans le pur style de ceux échangés quotidiennement sur le site de microblogging, mais rendus accessibles à des milliers d'internautes.

Comptes désactivés

C'est ce point qui semble avoir dérangé le procureur de la République et le président du TGI de Mont-de-Marsan. Ces derniers ont alerté le procureur général et le premier président de la cour d’appel de Pau, qui ont, pour leur part, confirmé qu'une enquête administrative a été diligentée par la chancellerie, selon Sud-Ouest.

Cette affaire, qui constitue une première, pourrait lancer le débat sur la liberté d'expression des magistrats sur les réseaux sociaux, alors qu'ils sont de plus en plus présents et actifs sur Twitter.

Les deux magistrats n'ont pas été suspendus en attendant le résultat de l'enquête mais leurs deux comptes Twitter étaient désactivés, ce mercredi.

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