Vote des étrangers : Ayrault veut resserrer les liens avec la majorité

Le Premier ministre a annoncé le lancement d'une consultation des présidents des groupes parlementaires sur les réformes constitutionnelles à venir, avec au menu le vote des étrangers aux élections municipales.

Tristan Berteloot
Le 30/01/2013 à 15:24
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (AFP)

Les services de communication de Matignon avaient entretenu le suspense autour d'une initiative imminente du Premier ministre au sujet du droit de vote des étrangers. Jean-Marc Ayrault a finalement annoncé mardi le lancement d'une consultation des présidents des groupes parlementaires sur les réformes constitutionnelles, qui engloberont cette mesure emblématique promise par François Hollande avant son élection.

Les rencontres débuteront "à compter de la fin de cette semaine" et auront pour but de "créer les conditions d'une majorité large", a dit le Premier ministre. Comprendre : vérifier s'il existe une majorité des 3/5e au Parlement, prérequis nécessaire à l'adoption en Congrès d'une révision de la Constitution.

Au menu notamment, outre le vote des étrangers extra-communautaires aux élections municipales, l'indépendance de la justice et le statut pénal du chef de l'État.

"Réussir la législature"

Par cette démarche, le Premier ministre entend resserrer les liens avec sa majorité afin d'assurer avec elle une plus grande cohérence et des échanges accrus, au moment où s'engage au Parlement une séquence chargée et potentiellement houleuse pour le gouvernement.

Pour la première fois depuis sa prise de fonction à Matignon, Jean-Marc Ayrault s'est rendu mardi après-midi devant le Bureau national du Parti socialiste afin d'y exposer ses "priorités" pour les prochains mois. Le chef du gouvernement s'est également entretenu mardi, pour la première fois aussi depuis juin 2012, avec les députés d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et a promis qu'il ferait de même "dans les prochains jours devant le groupe des radicaux de gauche".

"Nous sommes ensemble pour réussir cette législature, nous avons besoin de dialogue et de respect mutuel parce que c'est vrai qu'une majorité, ça s'entretient, ça se fait vivre", a fait valoir Jean-Marc Ayrault.

Car le gouvernement entre dans une phase où il va lui falloir compter ses forces et ses soutiens, à l'orée d'une activité parlementaire intense, durant laquelle l'exécutif souhaite faire adopter plusieurs dispositions législatives essentielles.

Au Sénat, "il y a une majorité de gauche, mais pas de majorité gouvernementale. C'est la vie !", soupire-t-on à Matignon, faisant allusion notamment au vote hostile des communistes à tous les textes budgétaires présentés par le gouvernement.

Si l'adoption du projet de loi sur le mariage pour les couples homosexuels, dont l'examen a débuté mardi, ne paraît pas faire de difficulté pour la majorité, c'est la vaste révision constitutionnelle que François Hollande souhaite soumettre au Parlement réuni en Congrès "d'ici l'été" qui constituera une étape décisive dans le quinquennat présidentiel.

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