Sénat : guerre des sexes autour d'un projet de loi sur la parité

Des sénateurs se sont violemment attaqués, jeudi, à un projet de loi instaurant la parité aux élections cantonales. Provoquant la colère de leurs homologues féminines.

M. T. avec AFP
Le 17/01/2013 à 17:28
Mis à jour le 17/01/2013 à 17:54
 (Jacques Abada - Wikimedia - CC)

"Obsession sexuelle", "potiches", "gadget": des sénateurs de droite se sont défoulés jeudi contre un projet de loi proposant une élection paritaire dans les conseils généraux. Et provoquant en conséquence la réaction scandalisée de sénatrices de tous bords.

Dans le cadre d'un projet de loi dont l'examen a débuté mardi au Sénat, le gouvernement propose pour les élections cantonales de 2015 un mode de scrutin décrit comme unique au monde : l'élection d'un binôme homme-femme de conseillers généraux dans chaque canton.

Des élus de droite, tous hommes, sont montés au créneau pour dénoncer un système "baroque", "loufoque" "invivable", jugeant d’abord qu'il défavorise les territoires ruraux, car le nombre de cantons serait divisé par deux. Mais leurs arguments ont vite dérapé sur la question de la parité.

"Les femmes auront le temps de faire leurs preuves"

Florilège : "Faciliter la mixité, ce n'est pas passer de 13% à 100% d'un coup !" (Eric Doligé, UMP). "Beaucoup de femmes risquent de se retrouver dans le rôle de potiches" (Hervé Maurey, centriste). "La parité doit-elle être absolue, compte tenu de tout ce qu'on entend sur la théorie du genre, le mariage pour tous ?" (Christophe Béchu, UMP). Bruno Sido (UMP), a de son côté proposé "de laisser ce binôme juste pour une mandature. Ainsi, les femmes auront eu le temps de faire leurs preuves".   

Piquées au vif, les sénatrices de tout bord ont alors répliqué. "C'est inadmissible, scandaleux, accepteriez-vous, messieurs, que ces propos soient tenus sur vous par des femmes ? Nous ne sommes pas des gadgets", a protesté Hélène Lipietz (Ecologiste). "Vous êtes contre tout simplement parce que ce système supprime la moitié des cantons et la moitié des hommes élus", a-t-elle ironisé.

"Palme de la misogynie beauf"

Laurence Rossignol (PS) s'en est pris directement au sénateur UMP Bruno Sido qui avait fait une remarque alors qu'elle prenait la parole. "Vous pouvez répéter tout haut ? Vous venez de dire : 'c'est qui cette nana ?' M. Sido, vous avez gagné la palme de la misogynie beauf de cette assemblée !"   

Du côté de l'UMP, Isabelle Debré et Sophie Primas ont avoué qu'elles avaient voté contre la loi sur la parité, mais que sans cette loi elles ne seraient pas parlementaires. Opposées à ce projet de loi, elles ont toutefois pesté contre les "maladresses" de leurs collègues.

Élections

Les résultats dans votre ville

Toute l'actu Politique

La question du jour

Si cela était possible, seriez-vous prêt à habiter sur une autre planète?