Ségolène Royal, la solution à la crise ?

Certains voudraient voir dans sa nomination à la vice-présidence de la Banque publique d'investissement un lot de consolation. Ségolène Royal en est pourtant l'inspiratrice.

Tristan Berteloot
Le 20/02/2013 à 17:15
Mis à jour le 20/02/2013 à 17:41
La présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal (AFP)

Ayrault s'exprime sur la BPI


Ségolène Royal va être nommée vice-présidente de la BPI - 20/02


Jean-Pierre Jouyet, l'a annoncé mercredi matin : Ségolène Royal va être nommée au poste de vice-présidente et porte-parole de la banque publique d'investissement (BPI), structure promise par le candidat Hollande lancée en janvier pour venir en aide financièrement aux PME innovantes.

Un retour aux affaires pour la socialiste, qui met fin aux spéculations sur son avenir politique, et à des mois de traversée du désert. Mais dans lequel certains voudraient voir un lot de consolation pour l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, battue en juin dernier aux législatives par le dissident Olivier Falorni. Elle qui, grande absente du gouvernement Ayrault, se rêvait en présidente de l'Assemblée nationale.

"Je ne veux pas qu'on parle d'un point de chute, c'est dégradant. Je ne suis pas dans la chute. Je n'ai pas besoin d'un lot de consolation", racontait-elle, deux mois après l'épisode douloureux de La Rochelle, comme pour mieux anticiper les critiques de ceux qui la donnaient à tous les postes vacants. "François Hollande a le souci de rassembler les compétences. Si je peux être utile, j'assumerai les responsabilités que l'on me proposera", avançait-elle.

Une nomination cohérente

Le poste de vice-présidente de la Banque publique d'investissement ? "C'est un poste cohérent avec ce que je fais et avec les idées auxquelles je crois", rappelle celle qui, en 2007, déjà, défendait le volontarisme de l'Etat dans l'économie. Ainsi se réjouissait-elle en octobre 2011 que sa région Poitou-Charentes se dote de sa propre banque publique pour les PME. Voulue à l'époque à l'image d'Oséo, la banque des PME, par ailleurs aujourd'hui intégrée à la BPI, celle-ci préfigure à l'époque la future "super-structure" BPI et ses guichets régionaux.

Une façon pour Ségolène Royal de continuer sur sa lancée, trois ans après l'entrée de la région Poitou-Charentes au capital d'Heuliez, alors en grande difficulté. Un rôle aujourd'hui salué par tous, y compris le président de la BPI, pour l'activité qu'il a permis de relancer et pour les emplois qu'il a contribué à créer. De là à dire que Ségolène Royal avait la solution pour relancer l'activité des entreprises, il n'y a qu'un pas… que la présidente de la région Poitou-Charentes franchit allégrement.

Passerelle ?

"Nous pourrions dans tous les territoires donner des exemples d'entreprises qui n'ont pas obtenu les prêts bancaires parce que les banques sont très frileuses. Aujourd'hui, la mise en place de cette banque publique d'investissement va donner aux entreprises les moyens de se développer et sortir de cette stagnation de croissance qui détruit des emplois alors qu'il n'y a aucune raison de baisser les bras", dit-elle avec un ton de ministre.

Pas question pour autant de parler de passerelle vers une éventuelle entrée au gouvernement. "Il faut savoir servir son pays de façon modeste et efficace. Moi je suis heureuse de servir mon pays à la tâche où je suis aujourd'hui". Modeste, donc. Et toujours disponible.

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