La conférence de presse de Hollande en 10 points

Le chef de l'Etat s'est plié, pour la première fois de son quinquennat, à l'exercice délicat de la conférence de presse, mardi, à l'Elysée. Retour sur ses principales déclarations.

Adrienne Sigel
Le 13/11/2012 à 19:33
Mis à jour le 14/11/2012 à 9:23
Au cours de sa conférence de presse, François Hollande a indiqué ses "missions" principales, à savoir "réduire le chômage" et "redresser la croissance".  (BFMTV)

L'ESSENTIEL

• Pas de référendum sur le droit de vote des étrangers

• Refonte des taux de TVA en janvier 2014, la TVA dans la restauration passera à 10%

• Priorité à la réduction du chômage et au redressement de la croissance

• Le non-cumul des mandats confirmé

Le "grand oral" est passé. Comme ses prédecesseurs de la Ve République, François Hollande donnait sa première grande conférence de presse ce mardi après-midi, seul face à 400 journalistes.

Attendu sur les dossiers sociaux, notamment l'emploi et le chômage, ainsi que sur la compétitivité, le chef de l'Etat a parlé pendant 45 minutes, suivies de plus d'une heure trente de questions-réponses avec les journalistes.

Au cours de cette allocution - déjà largement commentée par la majorité comme par l'opposition - il a notamment justifié la politique menée pendant six mois, reconnu la "situation grave" que connaît le pays et distillé quelques annonces de réformes à venir. Le point sur ses principales déclarations.

"La situation est grave"

Costume sombre et timbre solennel, François Hollande a d'emblée reconnu que la situation de la France était "grave"."Une alternance change le pouvoir, mais elle ne change pas la réalité", a-t-il fait valoir. "J'avais dit pendant la campagne quelles étaient les difficultés qui pouvaient nous attendre, et elles étaient grandes", a-t-il poursuivi, l'air grave.

Le président de la République a toutefois défendu ses six premiers mois d'exercice, affirmant que "depuis le 15 mai, bien des engagements ont été tenus", notamment en matière de "rétablissement des comptes publics". "Mes choix sont conformes à mes engagements", a-t-il assuré lors de cette opération vérité sur son premier bilan.

"Mais une politique n'est pas une accumulation de mesures, ni une addition de réformes", a-t-il lancé. "Une politique est une situation cohérente et forte à la situation du pays".












Trois défis "majeurs", le chômage en tête

François Hollande a listé ce qu'il a appelé les "trois défis majeurs" à relever, déterminés avec son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault : la "réorientation de l'Europe, le désendettement de la France et la compétitivité de l'économie".

Et de rappeler, comme pour justifier ses difficultés à contrer ces obstacles : "Je suis au début d'un quinquennat mais au bout d'une décennie où il y a eu tant de proclamations, mais si peu de traductions".












Le chef de l'Etat a notamment insisté sur ce qu'il a appelé sa "mission", à savoir "réduire le chômage" et "redresser la croissance". "C'est sur ces seuls résultats que je demande à être jugé par les Français", a-t-il précisé.

"Toute ma stratégie, toute ma politique, c'est une mobilisation contre le chômage", a affirmé François Hollande, alors que le nombre de demandeurs d'emploi a franchi la barre des trois millions.

Et d'ajouter, toujours au sujet du chômage : "Tout a été dit, mais tout n'a pas été tenté". Lors des questions des journalistes, pendant la seconde partie de la conférence, le chef de l'Etat a également indiqué "reprendre l'objectif" d'une inversion de la courbe du chômage d'ici 2013, un engagement qu'il avait formulé lors d'une interview sur TF1, début septembre.












La TVA dans la restauration passera à 10% en 2014

François Hollande a annoncé un travail sur la restructuration des taux de TVA, qui n'interviendra qu'en janvier 2014. Cette "refonte de la TVA" prévue par le "pacte de compétitivité", "permettra de régler une fois pour toutes la question de la TVA dans la restauration". "Ce sera 10%" au 1er janvier 2014, contre 7% aujourd'hui, a précisé François Hollande, écartant un nouveau relèvement.

Une politique fiscale, "au nom de la justice"

François Hollande a tenu à justifier sa politique fiscale, réalisée "au nom de la justice". "Le budget pour 2013 représente la première étape de la réforme fiscale sur laquelle je m'étais présenté devant les Français, au nom de la justice", a ainsi déclaré le chef de l'Etat.

"C'était justice que de taxer de la même manière les revenus du capital et ceux du travail. Justice aussi de relever la plus haute tranche du barème de l'impôt sur le revenu à 45% par part de plus de 150.000 euros. Justice de revenir sur un certain nombre de niches fiscales, pas toutes", a-t-il indiqué.

Avant de poursuivre cette énumération : "Justice de revenir sur la réforme de l'impôt sur la fortune, parce qu'il n'était pas compréhensible que les plus gros patrimoines soient favorisés quand tant est demandé à ceux qui n'en ont pas. Justice aussi à solliciter ceux qui gagnent le plus, plus d'un million d'euros, 75% au-delà d'un million d'euros, pour deux ans seulement. C'est fait".












Vers un "compromis" des partenaires sociaux ?

François Hollande a adressé un message aux partenaires sociaux, les appelant à conclure un "compromis historique" sur la réforme du marché du travail.

"J'appelle toutes les organisation syndicales et les employeurs" "à nouer cette négociation, à la conclure et à faire un compromis historique, sinon le gouvernement prendra là encore la décision", a-t-il prévenu.

Hollande réaffirme sa confiance en Ayrault...

Au cours de la longue séance de questions des journalistes, qui a duré plus d'une heure et demi, François Hollande a réaffirmé sa confiance en Jean-Marc Ayrault, son Premier ministre, le qualifiant d'"homme loyal, sérieux, dévoué et concret", rejettant ainsi les nombreuses critiques contre l'actuel locataire de Matignon.

...et relativise les "couacs" gouvernementaux

Le président de la République a anticipé une éventuelle question sur les fameux "couacs" gouvernementaux, largement relayés par les médias. Pour lui, le gouvernement actuel ne "détient pas le record des couacs", loin de là. Il a en revanche appelé à la prudence, à la "maitrise de la parole" de la part de ses ministres, face à des médias qui fonctionnent 24 heure sur 24, et "même plus".

Egalement interrogé sur la polémique suscitée par les propos de Manuel Valls à l'Assemblée, ce mardi - le ministre de l'Intérieur a accusé l'opposition d'avoir favorisé "le retour du terrorisme" - François Hollande a répliqué : "Ne perdons pas notre temps, ne polémiquons pas, ne cherchons pas à utiliser je ne sais quelle phrase à des fins de politique intérieure. C'est trop grave".












Pas de cumul des mandats

"Le non-cumul des mandats, nous le ferons", a réaffirmé François Hollande, défendant ainsi les conclusions de la commission Jospin, justement décriées sur ce point.

Quant à la proportionnelle, autre proposition de la commission sur la modernisation de la vie publique, le président l'a également défendue. "C'était un engagement, nous en discuterons avec les forces politiques", a-t-il ajouté.

Pas de référendum sur le droit de vote des étrangers

Interpellé par un journaliste sur le droit de vote des étrangers, François Hollande a temporisé le retard annoncé sur cet engagement de sa campagne, initialement annoncé pour se concrétiser avant la fin du premier semestre 2013.

"Le droit de vote des étrangers ne pourra pas passer par décret. Ce n'est pas le président de la République qui décide du droit de vote. C'est une réforme constitutionnelle et donc il faut la majorité des 3/5e (au Parlement) qui n'est pas, aujourd'hui, constituée." Et de renchérir : "Constituons d'abord la majorité des 3/5 au Parlement et à ce moment-là, le texte sera présenté."

Quant à un éventuel recours au référendum, François Hollande a écarté cette idée pour l'instant.












La France n'interviendra pas au Mali

Rappelant que Paris s'est engagé à "soutenir logistiquement" les pays africains pour mettre un terme à l'occupation du nord du Mali par des "groupes terroristes", François Hollande a affirmé que la France n'interviendra "en aucun cas" elle-même dans cette zone.

Tout en réitérant l'idée d'un soutien logistique à l'intervention africaine : "La France et l'Europe feront en sorte de soutenir logistiquement, avec aussi de la formation, cette préparation".

Evoquant la question des six otages français actuellement détenus au Sahel, François Hollande a souligné "tout faire" pour que les ravisseurs "comprennent que c'est le moment de les libérer".












Résultats élections européennes 2014
La question du jour

Les manifestations en France peuvent-elles peser sur le conflit au Proche-Orient?