Mélenchon attaque Hollande en jugeant "creux" ses 100 jours

L'ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a qualifié de "creux" et de "presque rien" les cent premiers jours de François Hollande au pouvoir, dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

Mélissa Collado
Le 19/08/2012 à 7:25
Mis à jour le 19/08/2012 à 7:43

Les 100 jours de présidence de François Hollande, "ce fut une session du temps perdu. Cent jours pour presque rien", affirme l’ex-candidat du Front de gauche, ajoutant : "quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j'en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir".

Il poursuit : "Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l'a dilué dans les sables des plages du Var. Comme si l'élection s'était résumée à une question de personnes: un normal à la place d'un agité et tout serait dit. Eh bien, non. Et on ne parviendra pas à nous faire confondre normal et social-libéral !".

"Après dix ans, la gauche revient au pouvoir et tout ce qu'il y aurait d'urgent à faire, ce serait un collectif budgétaire et une loi sur le harcèlement sexuel ? Nos députés ont voté le collectif: c'est un coup de serpillière sur les plus grosses taches laissées par Sarkozy. Mais ce n'est pas assez pour faire le ménage", estime-t-il.

 

Mélenchon regrette l’absence d’une loi sur les licenciements boursiers

"Pourquoi ne pas avoir passé la loi sur les licenciements boursiers ? (...) Et la loi bancaire ? Il fallait marquer un rapport de force avec la finance (...) ! Il faut faire le boulot maintenant ! L'atermoiement continu laisse les mains libres à la finance ! Assez temporisé !", estime-t-il.

Il qualifie également de "faute" le fait qu'Arnaud Montebourg n'ait pas fait voter à la session de juillet "la loi interdisant les licenciements boursiers et accordant un droit de préemption des travailleurs sur les entreprises abandonnées par leurs propriétaires".

Il y a eu, selon lui, "capitulation" du chef de l'Etat lors de la négociation du volet croissance, en juin, du traité européen budgétaire: "Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais", affirme-t-il.

 

"Ce n'est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir"

Sur les Roms, il raille l'action du gouvernement: "quelle est la différence entre un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de droite et un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de gauche ? C'est le degré zéro de l'imagination! La répression ou le statu quo : est-ce la seule alternative ? Ce n'est pas acceptable. Là aussi, il y a des mesures urgentes à prendre: ouvrir l'accès au marché du travail, par exemple. Valls fait du Valls. Mais c'est Hollande le patron, non ?"

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