Marine Le Pen évoque "l'ingérence étrangère" en Syrie sur une chaîne pro-Assad

La présidente du Front national s'est exprimée sur le Printemps arabe et la crise syrienne.

Magali Rangin avec AFP
Le 08/01/2013 à 22:48
L'entretien de Marine Le Pen diffusé à la télévision syrienne et visible sur Youtube. (Sama)

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Marine Le Pen livre dans une interview accordée à un journaliste indépendant, dans son bureau de Nanterre, et diffusée sur une chaîne syrienne pro-gouvernementale, sa vision du printemps arabe et de la crise syrienne.

L'interview est présentée comme un "entretien exclusif à la TV syrienne privée (Sama)". La présidente du Front national y évoque ses "réserves" sur les printemps arabes, indiquant qu'elle avait "prévu" que ces "révolutions dont le départ était des révolutions sociales liées à la corruption des dirigeants et à l'absence de participation du peuple à l'essor économique allaient être récupérées par les fondamentalistes islamiques".

"Hiver islamiste"

Marine Le Pen explique ainsi qu'au Printemps arabe a succédé "l'hiver islamiste", précisant que ce risque s'est réalisé à cause de "l'aveuglement des pays occidentaux".

Sur la Syrie, la patronne du FN réaffirme sa position contre l'"ingérence" étrangère. "Nous nous battons en France pour la souveraineté du peuple français mais nous défendons également la liberté, la souveraineté et l'identité de tous les peuples du monde dont nous pensons qu'ils doivent garder la maîtrise de leur destin", fait-elle valoir en dénonçant le rôle des puissances occidentales dans le conflit syrien comme dans le conflit libyen.

"J'ai pensé, dès le départ que c'était par la diplomatie que l'on pouvait tenter de trouver la voie du dialogue mais cela n'a pas été le cas. Les puissances occidentales ont fait la même chose qu'en Libye mais de manière secrète. La réalité, c'est que nous avons contribué à conseiller les rebelles syriens qui eux-mêmes ont été pris en main par les islamistes, que nous nous sommes servis de nos alliés qataris et saoudiens pour les armer et qu'aujourd'hui on est face à une guerre civile dont évidemment les populations sont les premières victimes", résume-t-elle.

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"Casser l'embargo médiatique sur la Syrie"

Cet entretien devait à l'origine être repris par des chaînes libanaises, qui l'ont refusé. Il a été finalement diffusé lundi sur la chaîne "Sama TV" du groupe Ad Dounia (pro-gouvernemental), a expliquél e Front national

"Marine Le Pen savait dès le départ que cet entretien pouvait être diffusé sur une chaîne favorable au régime du président Assad. Elle ne l'a d'ailleurs pas critiqué contrairement aux rebelles. Je crois qu'elle voulait ainsi casser l'embargo médiatique sur la Syrie", a expliqué l'auteur de l'interview, Nader Allouche.

La chaîne, quant à elle, s'est félicitée dans un communiqué qu'une personnalité politique occidentale ait accepté pour la première fois de parler à un média syrien.

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