Loin de la crise à l'UMP, Chirac va fêter ses 80 ans

Jacques Chirac s'apprête à fêter ses 80 ans. Affaibli par la maladie, il ne suit plus du tout l'actualité politique selon ses proches.

BFMTV avec AFP
Le 28/11/2012 à 18:48
Mis à jour le 28/11/2012 à 18:50
Jacques Chirac, en janvier 2011 (Capture BFMTV)

Que pense Jacques Chirac de la crise à l'UMP, parti qu'il a créé il y a dix ans ? Sans doute "rien", selon des proches, tant l'ex-président affaibli par la maladie, qui fête jeudi ses 80 ans, a pris ses distances avec l'agitation politique. Mais c'est bien son héritage - l'union de la droite et du centre-droit - qui est aujourd'hui en péril.

"Je l'ai vu vendredi, il est assez fatigué, il n'a pas très envie d'en parler. J'ai évoqué avec lui le sujet de la crise à l'UMP, il ne s'y intéressait pas, il n'a fait aucun commentaire. Je ne crois pas qu'il se sente concerné, même si c'est sous son autorité qu'a été créée l'UMP", confie l'ancienne ministre Christine Albanel.

"Il est totalement éloigné de tout cela. Il ne sait pas ce qui se passe" dit une autre sous couvert d'anonymat.

"Je voterai Hollande"

"Il est dans un état de santé très fragile [...] je le trouve très affaibli. Il a été très affecté par la mort de Maurice Ulrich le 14 novembre [l'un de ses anciens conseillers les plus proches, NDLR]. C'est une nouvelle qui l'a plus touché que les déboires de l'UMP dont je le sens très éloigné", témoigne Jean-Luc Barré, écrivain qui l'a aidé à rédiger ses mémoires.

L'ancien maire de Paris, dont les apparitions publiques sont rares, pose toutefois cette semaine en famille dans Paris Match, notamment avec ses deux filles Claude et Laurence.

La dernière prise de position publique du fondateur du RPR, resté très populaire auprès des Français malgré sa condamnation en décembre 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, date de la campagne présidentielle.

En juin 2011, à Sarran, en Corrèze, il avait affirmé qu'il "voterai(t) François Hollande". "Humour corrézien", avait-il rectifié dans un communiqué le lendemain, mais Jean-Luc Barré a soutenu en avril que Chirac voterait pour le candidat socialiste.

Fillon "héritier" de Chirac

Pour Philippe Bas, ancien secrétaire général de la présidence, si "on ne peut faire parler Jacques Chirac, on peut en revanche parler de comment il a conçu l'UMP au moment de sa naissance, et quelle était la ligne politique" originelle du parti.

"La ligne politique de l'UMP, cela a été l'union de la droite et du centre, après la victoire de Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen [à la présidentielle de 2002, NDLR], pour défendre les valeurs de la République", développe le sénateur de la Manche.

"Il y avait cette idée qu'il faut une démocratie avec une force de centre droit et une force de centre gauche qui alternent au pouvoir, comme dans toutes les démocraties modernes", et "le refus de toute parole qui puisse légitimer l'extrême droite et les tentations populistes", ajoute-t-il, avant de conclure : "D'une certaine manière, François Fillon incarne sans doute plus la défense des valeurs chiraquiennes."

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