• Pas de référendum pour le moment surle droit de vote des étrangers
• Refonte des taux de la TVA en janvier
• Objectif : inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013
• "Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde"
En direct de la salle des fêtes de l'Elysée, devant un parterre de 400 journalistes, François Hollande s'est exprimé pendant un peu plus de deux heures au cours d'une intervention suivie d'une séance de questions-réponses avec les journalistes.
Particulièrement attendu, ce grand rendez-vous devait permettre au chef de l'Etat de rebondir et de convaincre l'opinion publique, à l'heure où sa cote de popularité est sérieusement en berne. Pari tenu ?
"Mes choix sont conformes à mes engagements"
"Une alternance change le pouvoir, elle ne change pas la réalité", a estimé François Hollande. Avant d'ajouter : "Je comprends les doutes des Français" quant aux "capacités du politique" face à la crise. "Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde. Et c'est pourquoi depuis six mois, j'ai fait mes choix et je m'y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage, car ces choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et surtout, aux intérêts de la France".
"L'état de la France dans cinq ans", la "seule question qui vaille"
Pour François Hollande, "la seule question qui vaille, ce n'est pas l'état de l'opinion aujourd'hui, c'est l'état de la France dans cinq ans", alors que sa cote de popularité baisse considérablement dans les sondages.
Trois défis majeurs, le chômage en ligne de mire
"Je reprends l'objectif" d'inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013. Mais "nous allons avoir une hausse continue du chômage pendant un an".
"Toute ma stratégie, toute ma politique, c'est une mobilisation contre le chômage", a affirmé le chef de l'Etat, alors que le nombre de demandeurs d'emploi a franchi la barre des trois millions. "Les Français, à juste raison, sont sceptiques. Tant de promesses, tant de discours où tout aurait été dit et où tout n'aurait pas été tenté. Si, tout a été dit, mais tout n'a pas été tenté. Et donc nous n'acceptons pas cette progression continue du chômage".
Restructuration des taux de TVA
Rassurant sur les relations de la France avec l'Allemagne
Le président a profité de la conférence de presse pour préciser que les rapports avec l'Allemagne "sont bons". Evoquant les taux d'intérêt pour rembourser la dette de la France, François Hollande a souligné qu'ils étaient aujourd'hui parfois "négatifs".
"Nous avons réduit l'écart avec l'Allemagne de près de 40%, pour ceux qui s'interrogent sur les rapports que nous avons avec l'Allemagne, et qui sont bons", a-t-il déclaré.
Une Europe à plusieurs vitesses
"A chaque fois, il faut trouver des compromis dans l'intérêt de l'Europe. Ce qui compte, ce n'est pas ce qui se dit mais ce que nous nous disons (…) Personne ne fait la leçon à personne. Ce que nous avons à faire la chancelière et moi, ce n'est pas de monter nos opinions publiques les unes contre les autres", a-t-il longuement ecpliquer, affirmant travailler désomrais avec la chancelière à l'échéance de 2014. "Nous allons préparer la grande échéance : après l'union bancaire, il faudra faire vivre l'Europe politique."
Appel à un "compromis historique" des partenaires sociaux
"J'appelle toutes les organisation syndicales et les employeurs" "à nouer cette négociation, à la conclure et à faire un compromis historique, sinon le gouvernement prendra là encore la décision", a-t-il prévenu.
Le non-cumul des mandats confirmé
Quant à la proportionnelle, autre proposition de la commission sur la modernisation de la vie publique, le président l'a également défendue. "C'était un engagement, nous en discuterons avec les forces politiques", a-t-il ajouté.
Hollande loue les qualités d'Ayrault
Au cours de cet échange, le président a réaffirmé toute la confiance qu'il avait en son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. "Un homme loyal, sérieux, dévoué et concret" selon les mots de François Hollande. Un peu plus loin, le chef de l'Etat a dû venir à la rescousse d'un autre membre de son gouvernement : son ministre de l'Intérieur, Manuel Valls après le tollé suscité à l'Assemblée par une phrase.
A la question : "Manuel Valls doit-il démissionner ?", le chef de l'Etat s'est borné à répondre que la lutte contre le terrorisme devait rassembler toutes les forces du pays. En clair : Hollande demande à Valls et à la droite de ne pas se diviser sur le terrorisme.
Pas de référendum sur le droit de vote des étrangers
Quant à un éventuel recours au référendum, François Hollande a écarté cette idée pour l'instant.
Mali et Syrie restent des dossiers suivis de près
"En aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse, tout en soulignant que l'occupation (du nord du Mali) par des groupes terroristes" était "suffisamment grave pour que la France puisse aider les Africains à s'organiser face à cette menace".
Quant aux otages français au Sahel, François Hollande est resté ferme. "Je fais tout pour que les ravisseurs qui m'entendent comprennent qu'il est temps de les libérer parce qu'ils n'ont rien à espérer à les garder."
Autre dossier international brûlant pour la France : la Syrie. "Sur la question des livraisons d'armes, la France n'y était pas favorable si on était pas sûr qu'elles arriveraient là où c'est souhaitable", a-t-il assuré.
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