Conférence de presse de Hollande : retrouvez toutes les déclarations du président

Le président de la République a donné mardi sa première grande conférence de presse du quinquennat, à l'Elysée.

Sandrine Cochard et Adrienne Sigel
Le 13/11/2012 à 16:58
Mis à jour le 13/11/2012 à 20:16
Pour la première fois de son quinquennat, le président de la République s'est plié à la tradition de la conférence de presse, ce mardi. (AFP)

L'ESSENTIEL

• Pas de référendum pour le moment surle droit de vote des étrangers

• Refonte des taux de la TVA en janvier

• Objectif : inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013

• "Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde"

Pour la première fois de son quinquennat, le président de la République s'est plié à la tradition de la conférence de presse, initiée par le général de Gaulle, en 1954.

En direct de la salle des fêtes de l'Elysée, devant un parterre de 400 journalistes, François Hollande s'est exprimé pendant un peu plus de deux heures au cours d'une intervention suivie d'une séance de questions-réponses avec les journalistes.

Particulièrement attendu, ce grand rendez-vous devait permettre au chef de l'Etat de rebondir et de convaincre l'opinion publique, à l'heure où sa cote de popularité est sérieusement en berne. Pari tenu ?

"Mes choix sont conformes à mes engagements"

Arrivé devant les journalistes à 17h03, costume noir et cravate bleu, François Hollande a commencé son intervention en reconnaissant les difficultés qui se trouvent face à lui pour mener à bien sa politique, estimant que "depuis le 15 mai, bien des engagements ont été tenus", notamment en matière de "rétablissement des comptes publics".

"Une alternance change le pouvoir, elle ne change pas la réalité", a estimé François Hollande. Avant d'ajouter : "Je comprends les doutes des Français" quant aux "capacités du politique" face à la crise. "Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde. Et c'est pourquoi depuis six mois, j'ai fait mes choix et je m'y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage, car ces choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et surtout, aux intérêts de la France".

"L'état de la France dans cinq ans", la "seule question qui vaille"

Souriant mais ferme, le président de la République s'est également défendu de tout "virage" dans sa politique, qui lui a été reproché y compris au sein de sa propre majorité.

Pour François Hollande, "la seule question qui vaille, ce n'est pas l'état de l'opinion aujourd'hui, c'est l'état de la France dans cinq ans", alors que sa cote de popularité baisse considérablement dans les sondages.

Trois défis majeurs, le chômage en ligne de mire

Selon le président de la République, trois défis majeurs sont à relever dans les années qui arrivent : la réorientation de l'Europe, le désendettement de la France et la compétitivité. "Ma mission, elle est simple: c'est de parvenir à redresser la croissance et à réduire le chômage. Et c'est sur ces résultats, ces seuls résultats, que je demande à être jugé par les Français".

"Je reprends l'objectif" d'inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013. Mais "nous allons avoir une hausse continue du chômage pendant un an".

"Toute ma stratégie, toute ma politique, c'est une mobilisation contre le chômage", a affirmé le chef de l'Etat, alors que le nombre de demandeurs d'emploi a franchi la barre des trois millions. "Les Français, à juste raison, sont sceptiques. Tant de promesses, tant de discours où tout aurait été dit et où tout n'aurait pas été tenté. Si, tout a été dit, mais tout n'a pas été tenté. Et donc nous n'acceptons pas cette progression continue du chômage".

Restructuration des taux de TVA

François Hollande a annoncé un travail sur la restructuration des taux de TVA, qui n'interviendra qu'en janvier 2014.  Cette "refonte de la TVA" prévue par le "pacte de compétitivité", "permettra de régler une fois pour toutes la question de la TVA dans la restauration". "Ce sera 10%" au 1er janvier 2014, contre 7% aujourd'hui, a précisé François Hollande, écartant un nouveau relèvement

Rassurant sur les relations de la France avec l'Allemagne

Le président a profité de la conférence de presse pour préciser que les rapports avec l'Allemagne "sont bons". Evoquant les taux d'intérêt pour rembourser la dette de la France, François Hollande a souligné qu'ils étaient aujourd'hui parfois "négatifs".

"Nous avons réduit l'écart avec l'Allemagne de près de 40%, pour ceux qui s'interrogent sur les rapports que nous avons avec l'Allemagne, et qui sont bons", a-t-il déclaré.

Une Europe à plusieurs vitesses

"Je suis pour une Europe à plusieurs vitesses, comme cela a pu être fait avec la taxe sur les transactions financières adoptées par 11 pays sur 17", a déclaré le chef de l'Etat. Interrogé sur la santé du couple franco-allemand, François Hollande s'est employé à défendre le point de vue français tout en ménageant la chacelière.

"A chaque fois, il faut trouver des compromis dans l'intérêt de l'Europe. Ce qui compte, ce n'est pas ce qui se dit mais ce que nous nous disons (…) Personne ne fait la leçon à personne. Ce que nous avons à faire la chancelière et moi, ce n'est pas de monter nos opinions publiques les unes contre les autres", a-t-il longuement ecpliquer, affirmant travailler désomrais avec la chancelière à l'échéance de 2014. "Nous allons préparer la grande échéance : après l'union bancaire, il faudra faire vivre l'Europe politique."

Appel à un "compromis historique" des partenaires sociaux

Au cours de son intervention, François Hollande a appelé mardi les partenaires sociaux à conclure un "compromis historique" sur la réforme du marché du travail.

"J'appelle toutes les organisation syndicales et les employeurs" "à nouer cette négociation, à la conclure et à faire un compromis historique, sinon le gouvernement prendra là encore la décision", a-t-il prévenu.

Le non-cumul des mandats confirmé

"Le non-cumul des mandats, nous le ferons", a réaffirmé François Hollande, défendant ainsi les conclusions décriées de la commission Jospin sur ce point.

Quant à la proportionnelle, autre proposition de la commission sur la modernisation de la vie publique, le président l'a également défendue. "C'était un engagement, nous en discuterons avec les forces politiques", a-t-il ajouté.

Hollande loue les qualités d'Ayrault

Après une demi-heure de discours libre, François Hollande s'est ensuite soumis à 1h30 de questions-réponses avec les 400 journalistes invités dansla salle des fêtes de l'Elysée.

Au cours de cet échange, le président a réaffirmé toute la confiance qu'il avait en son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. "Un homme loyal, sérieux, dévoué et concret" selon les mots de François Hollande. Un peu plus loin, le chef de l'Etat a dû venir à la rescousse d'un autre membre de son gouvernement : son ministre de l'Intérieur, Manuel Valls après le tollé suscité à l'Assemblée par une phrase.

A la question : "Manuel Valls doit-il démissionner ?", le chef de l'Etat s'est borné à répondre que la lutte contre le terrorisme devait rassembler toutes les forces du pays. En clair : Hollande demande à Valls et à la droite de ne pas se diviser sur le terrorisme.

Pas de référendum sur le droit de vote des étrangers

Interpellé sur le droit de vote des étrangers, engagement ferme de sa campagne et annoncé pour se concrétiser avant la fin du premier semestre 2013, François Hollande a temporisé le retard annoncé. "Le droit de vote des étrangers ne pourra pas passer par décret. Ce n'est pas le président de la République qui décide du droit de vote. C'est une réforme constitutionnelle et donc il faut la majorité des 3/5e (au Parlement) qui n'est pas, aujourd'hui, constituée." Et le président de botter en touche : "Constituons d'abord la majorité des 3/5 au Parlement et à ce moment-là, le texte sera présenté."

Quant à un éventuel recours au référendum, François Hollande a écarté cette idée pour l'instant.

Mali et Syrie restent des dossiers suivis de près

Thème central de son premier discours devant les Nations Unies, le Mali a de nouveau été abordé par François Hollande. Et si le président français a toujours défendu l'indée d'une intervention française, elle ne se fera que sous condition. 

"En aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse, tout en soulignant que l'occupation (du nord du Mali) par des groupes terroristes" était "suffisamment grave pour que la France puisse aider les Africains à s'organiser face à cette menace".

Quant aux otages français au Sahel, François Hollande est resté ferme. "Je fais tout pour que les ravisseurs qui m'entendent comprennent qu'il est temps de les libérer parce qu'ils n'ont rien à espérer à les garder."

Autre dossier international brûlant pour la France : la Syrie. "Sur la question des livraisons d'armes, la France n'y était pas favorable si on était pas sûr qu'elles arriveraient là où c'est souhaitable", a-t-il assuré.

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