La passation de pouvoir à l'Elysée, un rite de la Ve République

La passation de pouvoir entre le président sortant et son successeur, que vivront mardi à l’Élysée Nicolas Sarkozy et François Hollande, a toujours été un moment fort dans le rituel de la Ve République, particulièrement lors des alternances gauche-droite.

Nicolas de Labareyre
Le 15/05/2012 à 6:36
Mis à jour le 15/05/2012 à 9:54

Le ton est donné dès le 8 janvier 1959, quand René Coty, second président de la IVe République, accueille le fondateur de la Ve par un constat : "Le premier des Français est désormais le premier en France". Charles de Gaulle emmène son prédécesseur ranimer la flamme du soldat inconnu et, comme pour bien marquer la mort de la IVe République, il l'abandonne place de l'Etoile sur un "au revoir Coty" avant de regagner seul l'Elysée, qu'il appelait "la boîte à chagrins".

Dix ans plus tard, le 20 juin 1969, Georges Pompidou est accueilli à l'Elysée par Alain Poher, président par intérim depuis la démission de Charles De Gaulle le 28 avril et finaliste battu à la présidentielle. Salué par les 21 coups de canon réservés aux chefs d'Etat, Pompidou se plie à la solennité du rituel républicain. Alain Poher retourne au palais du Luxembourg sans se douter qu'il reviendra jouer les intérimaires moins de cinq ans plus tard après la mort du successeur du général.

Le 27 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing place son septennat sous le signe de la modernité avec une cérémonie d'investiture beaucoup plus décontractée : c'est en effet à pied et non à bord de la limousine présidentielle décapotable, que le jeune président, 48 ans, remonte l'avenue des Champs-Elysées jusqu'à l'Arc de triomphe.

Sept ans plus tard, battu, il reçoit son successeur François Mitterrand sur le perron de l'Elysée. Leur tête-à-tête dure un peu moins d'une heure et permet d'échanger quelques secrets d'Etat et de transmettre les clefs du feu nucléaire. Puis Giscard quitte le palais à pied, essuyant quelques sifflets de manifestants.

Au terme d'un double septennat, c'est un François Mitterrand épuisé par le cancer qui accueille chaleureusement, le 17 mai 1995, Jacques Chirac sur le perron. En entrant dans le bureau présidentiel, le chef du RPR a la surprise de retrouver le mobilier Louis XV du temps du général de Gaulle. Mitterrand avait fait disparaître le mobilier design installé après sa réélection en 1988. Emu, Jacques Chirac raccompagne François Mitterrand jusqu'à sa voiture, et leur poignée de main symbolise l'alternance apaisée.

Le 16 mai 2007, Nicolas Sarkozy prend ses fonctions présidentielles lors d'une cérémonie glamour. Peu avant l'arrivée du nouveau président à l'Elysée, Cécilia Sarkozy, entourée des enfants grands et petits de cette famille recomposée, attire les regards et les objectifs dans la cour de l'Elysée. Nicolas Sarkozy remonte ensuite le long tapis rouge, accueilli au pied des marches par Jacques Chirac qui l'emmène pour 35 minutes d'entretien en tête à tête.

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