Jean-Marc Ayrault décline son plan anti-pauvreté

Le Premier ministre a présenté en fin de journée un document d'une soixantaine de pages détaillant la mise en musique du plan anti-pauvreté... dont le financement reste encore flou.

BFMTV avec AFP
Le 21/01/2013 à 12:42
Mis à jour le 21/01/2013 à 20:37
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (BERTRAND GUAY / AFP)

MISE À JOUR : Jean-Marc Ayrault a bien précisé son plan en fin de journée. Le financement, censé coûter 2,5 milliards d'euros en année pleine à partir de 2017, reste néanmoins flou. Jean-Marc Ayrault a tout de même assuré que l'effort prévu serait financé par des "redéploiements" budgétaires et non par un "impôt supplémentaire".

Le gouvernement s'est pour l'instant attaché à préciser les modalités de mise en oeuvre du plan, à grands renforts de "missions" (politique familiale) ou de "groupes de travail" (réforme de la Prime pour l'Emploi).

Plusieurs textes législatifs, déjà connus, contiendront par ailleurs des dispositifs de lutte contre les inégalités sociales (logement, vieillissement, santé, banques, consommation...), souligne le document gouvernemental d'une cinquantaine de pages.

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Il aura auparavant consacré sa matinée au thème de l'emploi - avec un déplacement en Loire-Atlantique -, une façon de montrer que l'intervention française au Mali ne vient pas prendre le pas sur le social.

Le suivi du plan anti-pauvreté, étalé sur 5 ans, sera confié à l'ex-secrétaire général de la CFDT François Chérèque, une décision critiquée lundi matin par le patron de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, qui y voit un coup porté à "l'indépendance syndicale".

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"Mutualisation"

Invité à expliciter les moyens prévus pour financer ces mesures, censées représenter 2,5 milliards d'euros à partir de 2017, Jean-Marc Ayrault a répondu que "la montée en puissance serait bien entendue inscrite dans notre budget", avec déjà un effort de "plusieurs centaines de millions d'euros" dès 2013.

Elles ne "viendront pas aggraver le déficit public mais font partie des choix à faire", a ajouté le chef du gouvernement, insistant sur le fait qu'il n'y aura "pas d'impôt supplémentaire (...) pas de nouveau prélèvement". "C'est simplement à l'intérieur du budget que nous faisons des choix" a-t-il ajouté.

Il s'agira notamment de financer une hausse du Revenu de solidarité active de base (RSA "socle") de 10% en cinq ans, mesure phare annoncée en décembre, dont le coût a été évalué à au moins 1 milliard d'euros en 2017.

D'autres mesures ont également été confirmées, comme un accès élargi à la Couverture médicale universelle complémentaire (CMU-C) et à l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS), via le recours au fonds de financement de la CMU. 

La "garantie jeunes", allocation d'environ 450 euros mensuels pour des 18-25 ans précaires, sera expérimentée à la rentrée dans dix "territoires" avant d'être généralisée. Le Premier ministre avait aussi annoncé dimanche son intention de réserver 10% des places en crèches aux enfants issus de familles modestes.

Des mesures insuffisantes pour les associations

Les associations d'aide aux démunis, dont la plupart avaient été associées à l'élaboration du plan, se sont dans l'ensemble montrées déçues par le manque de moyens nouveaux même si elles sont salué des "avancées". 

ATD-Quart Monde a regretté que"les modalités indiquées dans le plan ne permettent pas de comprendre concrètement les moyens mis en place pour une véritable efficacité" tandis que pour le Secours catholique, "il manque souvent la traduction financière dédiée".

"Il n'y a pas de chiffrage des mesures", a aussi déploré la Fnars (associations d'insertions), qualifiant aussi de "mesurette" la "garantie jeunes" et déplorant le manque d'engagement sur les places d'hébergement au-delà de 2013.

Côté politique, Laurent Wauquiez, l'un des deux vice-présidents de l'UMP, a estimé que le plan gouvernement "privilégi(ait) l'assistanat", sans s'intéresser aux "classes moyennes".

8,6 millions de personnes vivaient en 2010 avec moins de 964 euros par mois, soit 14,1% de la population.

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