Hollande en Grèce pour affirmer la place de la France en Europe

François Hollande se rend en Grèce pour adresser "un message de confiance et de soutien" et assoir la position de la France sur place. En octobre le déplacement d'Angela Merkel avait été chahuté.

S. A. avec AFP
Le 19/02/2013 à 6:21
François Hollande, ici sur le perron de l'Elysée, se rend madi 19 février en Grèce  (PATRICK KOVARIK - AFP)

François Hollande se rend en Grèce mardi pour adresser "un message de confiance et de soutien". Car, si Athènes après une cure d'austérité budgétaire sans précédent donne des signes tangibles de redressement financier, le pays s'enfonce malgré tout dans la récession avec un taux de chômage qui a franchi la barre de 27%, et un PIB qui continue de plonger.

La visite du présient de la République sera, assure un diplomate français, d'une toute autre nature que celle d'Angela Merkel le 9 octobre dernier, quand 30.000 manifestants protestaient dans le centre d'Athènes contre l'orthodoxie financière prônée par Berlin.

"Je refuse une Europe qui condamnerait les pays à une austérité sans fin", a dit François Hollande dans un entretien au quotidien de centre-gauche Ta Néa lundi.

Hollande peut-il donner des conseils ?

Outre le volet économique qui sera important puisque la Grèce est "un débouché commercial majeur" de la France et que les entreprises françaises "n'ont pas désertées" pendant la crise selon l'Elysée, la visite de François Hollande revêt une importance politique sur le front européen.

Le président français doit s'imposer sur le front européen après l'adoption début février d'un budget de l'UE marqué du sceau de l'austérité qui a contrecarré son ambition d'impulser une politique européenne tournée vers la croissance et l'emploi.

En Grèce, avec ses partenaires européens, la France propose "son expertise" pour réformer ses grandes administrations jugées défaillantes. Mais le renoncement de son gouvernement à ramener le déficit public de la France à 3% en 2013, conformément à ses engagements européens,  pourrait rendre moins crédibles les conseils de bonne gestion distillés par François Hollande.

Percée néonazie et "responsabilité européenne"

François Hollande discerne aussi une "responsabilité" européenne dans la percée néonazie en Grèce. "La meilleure façon de combattre ces tentations, c'est d'être intraitable dans la lutte contre le racisme, mais d'être aussi déterminé pour retrouver de la croissance", relève-t-il.

Côté grec, cette visite doit réaffirmer l'alignement des deux capitales en faveur de la relance, après "l'aide importante" apportée par la France "dans le combat difficile de la Grèce pour rester dans le noyau de l'Europe".

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