EDITO - Royal à la BPI : un retour à la lumière

Ségolène Royal, en retrait de la politique nationale depuis la victoire de François Hollande à la présidentielle et sa défaite retentissante aux législatives, a de nouveau fait parler d'elle jeudi en devenant vice-présidente de la Banque publique d'investissement (BPI). La chronique politique du directeur de la rédaction de RMC, éditorialiste chez BFMTV et RMC.

Jean-François Achilli
Jean-François Achilli
Le 21/02/2013 à 11:30
Mis à jour le 21/02/2013 à 12:08
Jean-François Achilli  (RMC)

Et pour fêter cette résurrection, Ségolène Royal a invité ses meilleurs amis, mardi soir, au ministère délégué à la Famille, chez Dominique Bertinotti, fidèle parmi les fidèles. Il y avait du monde autour de la table : Guillaume Garrot, ministre délégué à l’agroalimentaire, à peine sorti de la polémique sur la viande de cheval. Mais aussi d’anciennes gloires, comme Jean-Louis Bianco, Louis Mermaz, Charles Fiterman ou Yvette Roudy.

C’est Jean-Pierre Jouyet, l’actuel patron de la Caisse des dépôts et consignations, intime de l’ex-couple Hollande-Royal, resté proche des deux, qui a officialisé mercredi la nomination de Ségolène Royal à la vice-présidence de la BPI, filiale de la Caisse des dépôts, en la désignant comme porte-parole de l’institution. Ce qu’un membre de la BPI a aussitôt contesté : "les statuts de la nouvelle banque publique ne prévoient pas de porte-parolat, et Mme Royal participera aux Conseils d’administration, dont le premier se tiendra à Dijon ce jeudi". Point barre. Ça sent déjà la polémique.

Hollande a décidé de cette nomination dès le mois de juillet

Le chef de l’état avait une sorte de dette morale et personnelle envers son ancienne compagne, elle qui l’avait soutenu sans réserve pendant la primaire socialiste. Et qui avait été privée de perchoir à l’Assemblée après sa déconvenue à la législative de la Rochelle, qui restera dans toutes les mémoires à cause d’un tweet de Valérie Trierweiler, la compagne du président. Cette nomination va raviver une polémique sur le président qui nomme ses proches aux postes clefs.

Royal a revu le président

Ségolène Royal, depuis l’été, a revu le président et rencontré de nombreux ministres. Dont celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, son ancien porte-parole de la présidentielle de 2007. Tous deux vont être sur les mêmes sujets. La BPI, qui disposera de près de 40 milliards d’euros, est là pour aider au financement des entreprises et à participer à leur capital. La création de cette structure était l’engagement numéro 1 du chef de l’Etat, qui veut en faire le principal instrument de la relance économique.

Et c'est Royal qui aura le chéquier ?

Aura-t-elle le chéquier ? Et bien non ! L’ex-candidate à la présidentielle met en avant le sauvetage d’Heuliez, et sa réelle expérience à la tête de la région Poitou-Charentes, où une BPI existe depuis 2011. Mais "sa vice-présidence est non-exécutive", indique une source proche du dossier. Qui s’interroge sur le rôle que la nouvelle venue entend jouer au sein de cette structure déjà pilotée par son directeur général Nicolas Dufourcq. Je vous fais le pari que Ségolène Royal ne va pas se contenter de faire de la figuration. Bien au contraire. La future vice-ministre de la relance est désormais dans l’antichambre du gouvernement, en attendant un prochain remaniement.

>> Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce jeudi 21 février.

Élections

Les résultats dans votre ville

La question du jour

Etes-vous pour l'instauration d'un forfait aéroport pour les taxis?