EDITO - Mauvaise journée pour Hollande

Cameroun, Mali, récession : mardi a été une journée de mauvaises nouvelles pour le président de la République. La chronique politique du directeur de la rédaction de RMC, éditorialiste chez BFMTV et RMC.

Jean-François Achilli
Jean-François Achilli
Le 20/02/2013 à 8:27
Mis à jour le 20/02/2013 à 8:29
Jean-François Achilli (RMC SPORT)

"Ce n’est que le début d’une année sacrificielle", a expliqué mardi soir un conseiller au cœur du pouvoir. La situation, selon lui, "oblige à dire la vérité et à oublier 2017. Quant aux élections intermédiaires, municipales et autres départementales, il va falloir s’assoir dessus". Constat pessimiste, au terme d’une journée dantesque. 15h30, le président, depuis Athènes, confirme l’enlèvement au Cameroun des sept touristes Français dont quatre enfants. Le scénario du pire. Et un coup de massue en plein déplacement grec, qui devait permettre d’évoquer la question des déficits au niveau européen.

Une déclaration est alors organisée en marge de sa visite, dans un décor improbable, devant les rayonnages d'une bibliothèque glaciale.
Le président annonce l’autre très mauvaise nouvelle, parvenue en fin de matinée au ministère de la défense : la mort d’un deuxième soldat Français au Mali. Il a fallu attendre plusieurs heures avant de la révéler, le temps de prévenir la famille et de stabiliser la situation militaire sur le terrain. Une journée à oublier.

Ce double évènement a de nouveau braqué les projecteurs sur le Mali

La guerre avait disparu des écrans radars, comme si elle était finie. Et pourtant, la semaine dernière, dans la plus grand secret, François Hollande a donné son feu vert pour les opérations dans les montagnes de l'Adrar des Ifoghas, présenté comme le dernier refuge des djihadistes, au nord-est du pays. Le chef de l’Etat et son ministre de la Défense en ont longuement parlé dans l’avion pour New Dehli.

Jean-Yves le Drian ne communique plus ?

Ses services, dès le week-end, ont commencé à diffuser auprès de certains médias des images chocs de caches d’armes, d’explosifs. Afin de préparer les esprits au pire, expliquait mardi soir un proche du ministre de la Défense. La communication est verrouillée. "Le président est rattrapé par ses déclarations sur le plus beau jour de sa vie politique", estimait mardi soir un ancien ministre de la Défense. L’unité nationale tient encore, mais pour combien de temps…

La guerre, la crise, le gouvernement commence à manquer de souffle

La vraie fausse gaffe de Laurent Fabius, qui a évoqué mardi matin un zéro-deux, zéro-trois % de croissance, aussitôt démenti par Bercy, n’a fait qu’ajouter à la cacophonie gouvernementale sur une situation économique et sociale qui s’enfonce jour après jour. François Hollande, à peine arrivé à Athènes, ne pouvait que confirmer que le zéro-huit % ne serait pas atteint. Il y a des jours comme ça, où ça ne veut pas. Dans le dur. Sans répit. Et ça va durer de longs mois.

>> Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce mercredi 20 février.

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