EDITO - Hollande met les élus locaux à la diète

Les collectivités territoriales vont être soumises à un nouveau tour de vis. L'édito politique du directeur de la rédaction de RMC, éditorialiste sur RMC et BFMTV.

Jean-François Achilli
Jean-François Achilli
Le 18/02/2013 à 10:12
Mis à jour le 18/02/2013 à 10:15
Jean-François Achilli (RMC)

Un beau télescopage parlementaire, comme l’a confié un haut responsable socialiste : les députés vont discuter à partir de ce lundi après-midi à l’Assemblée d’une réforme électorale, un "machin" qui ne va guère passionner les Français, en plein débat national sur la rigueur. De quoi s’agit-il ? De l’élection en 2015 des futurs conseillers départementaux, en lieu et places des conseillers territoriaux voulus par Nicolas Sarkozy et qui n’ont jamais vu le jour, qui devaient, eux-mêmes, remplacer les anciens conseillers généraux.

Les Français en 2015 ne choisiront plus un, mais deux élus dans chaque canton

Un homme et une femme, parité totale dans les assemblées départementales. Mais pour garder un nombre stable d’élus, il va falloir diviser le nombre de cantons par deux, il y en aura donc moitié moins. Le nombre des femmes élues départementales passera de 13 à 50%. C’est Manuel Valls qui va porter le texte et qui va redécouper la France avec ses petits ciseaux. La droite dénonce un tripatouillage électoral. Un grand nombre d’élus masculins de tous bords vont perdre leur mandat.

Et pendant ce temps, Jean-Marc Ayrault alourdit la barque des collectivités

Les collectivités sont dans le collimateur de Matignon, au même titre que les allocations familiales et les retraites. Les lettres de cadrage du Premier ministre vont partir. André Laignel, dimanche soir, n’en revenait toujours pas : le président socialiste du comité des finances locales a vu débarquer pas moins de trois ministres à sa dernière réunion du mardi, dont celui du budget. Jérôme Cahuzac lui a annoncé la facture : parce que ses caisses vides, l’Etat va réclamer aux collectivités 1 milliard et demi supplémentaire par an jusqu’en 2015, soit 4 milliards et demi. Auxquels il faudra ajouter 2 milliards de charges nouvelles, comme le réaménagement des horaires scolaires. André Laignel réclame à l’exécutif l’ouverture de négociations.

Que vont faire les maires, qui remettent en jeu leur mandat l

Ils vont boucler leur budget tant bien que mal avant les municipales, et couperont le robinet après les élections. Il faut rappeler que les collectivités locales représentent 70 % des investissements publics en France. En renonçant à certains grands projets, cela risquera de couter plus cher à la sortie. Au final, pendant que le Parlement planche sur un nouveau mode de scrutin, le gouvernement tape tous azimuts dans les caisses des villes, des départements, des régions. François Hollande - promesse n°54- voulait "maintenir pour la durée du quinquennat le montant des dotations à leur niveau actuel". Cette promesse a vécu.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce lundi 18 février.

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