Quelles conditions pour un nouveau vote à l'UMP ?

Revoter dans les trois mois comme le réclame François Fillon est une opération plutôt compliquée. Six questions et six réponses pour savoir si un nouveau vote peut être organisé, et comment.

V. G. avec AFP
Le 27/11/2012 à 22:44
Mis à jour le 27/11/2012 à 23:40
Copé - Fillon (AFP)

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Revoter dans les 3 mois comme le réclame François Fillon, une opération plutôt compliquée, si les adhérents UMP s'y déclaraient favorables :

Un nouveau scrutin opposerait-il à nouveau François Fillon à Jean-François Copé ou serait-il ouvert à d'autres candidats ?

François Fillon a demandé un nouveau vote pour le départager de Jean-François Copé, mais son entourage précise qu'il serait aussi d'accord pour reprendre toute la procédure à zéro (avec d'autres candidats donc). "Son souhait est avant tout de parvenir à un vote incontestable". Pour l'équipe Copé, un nouveau vote ne pourrait s'envisager que si les militants UMP approuvaient un nouveau vote par un référendum en décembre ou janvier.

Qui pour organiser cet éventuel scrutin ?

François Fillon a exigé un nouveau vote "sous le contrôle d'une commission indépendante incontestable". "Sa composition devra recueillir l'assentiment des deux candidats pour éviter toute forme de litige", a précisé le camp Fillon.

Refus des copéistes qui n'entendent pas déroger aux statuts de l'UMP qui confient l'organisation du scrutin à la Commission d'organisation (Cocoe) et, en cas de contestation, à une commission des recours, deux instances contestée pour leur partialité par les fillonnistes.

"On ne peut pas sortir une nouvelle commission de son chapeau car la nouvelle élection serait irrecevable", met en garde le camp Copé. En outre, M. Copé a prévenu qu'en cas d'accord des militants pour un nouveau vote, il "resterait président" de l'UMP jusqu'à ce moment-là.

Dans quels délais ce scrutin pourrait-il avoir lieu ?

François Fillon veut ce nouveau scrutin dans les trois mois. Mais pour Patrice Gélard, président de la Cocoe, il n'est pas possible de "l'organiser avant six mois". Tout dépend en réalité de quel scrutin on parle : nouveau vote Copé-Fillon ou scrutin général.

Les coépistes rappellent qu'il a fallu six mois pour organiser le précédent scrutin. "Il faudrait redéfinir le corps électoral (arrivée de nouveaux adhérents) et un délai pour les parrainages", font-ils valoir.

"Un vote par Internet peut se réaliser en trois semaines", affirme le camp Fillon. L'organisation d'un référendum préalable pour savoir si les militants souhaitent de nouvelles élections, rallongerait ces délais.

Faudra-t-il également revoter pour les motions ?

"Nous n'avons pas l'impression que le vote sur les motions souffre de contestation", juge le camp Fillon observant que les 3 fédérations d'outre-mer, oubliées par la Cocoe dans le vote pour la présidence, ont bien été comptabilisées dans celui des motions. "Rien ne dit que ceux qui n'ont pas passé la barre des 10 % (seuil pour exister en tant que mouvement, ndlr) ne demandent pas que l'on recommence tout", note le camp Copé.

L'UMP a-t-elle les moyens d'organiser un tel scrutin ?

Vote papier ou vote électronique ? Un nouveau scrutin aura des conséquences financières sur l'UMP qui accusait en juin un déficit de de 50 millions d'euros, selon son ex-trésorier, Dominique Dord (Filloniste).

"Dans le premier cas, il faudra à nouveau éditer un magazine de l'union, relouer des locaux, envoyer 300.000 courriers pour 150.000 euros et dans l'autre, on sait qu'un vote internet coûte autour de 500.000 euros. Financièrement, ce n'est pas possible", dit le camp Copé.

"Une procédure par internet peut être mis en place pour moins de 300.000 euros, avec toutes les garanties de confidentialité", réplique le camp Fillon pour qui "on ne peut faire d'économie sur la question essentielle de la légitimité de la direction du parti".

Organiser un nouveau vote est-il contraire aux statuts de l'UMP ?

"Statutairement (...) nous n'avons absolument pas le droit de provoquer des élections au seul motif que c'est un ultimatum lancé par celui qui n'a pas été proclamé élu", déclare M. Copé.

"Malheureusement, les statuts n'ont déjà pas été respectés. Est-ce respecter l'esprit des statuts que d'accepter que des personnes qui ont pris fait et cause pour un candidat puissent siéger dans une commission nationale de recours", constate le camp Fillon.

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