Bernard Tapie : "je ne vais pas prendre Depardieu comme modèle"

L'homme d'affaires qui compte s'installer dans le sud de la France, a précisé ses ambitions pour les titres de presse qu'il s'apprête à reprendre et donné son point de vue sur l'actualité, notamment politique.

David Namias
Le 08/01/2013 à 19:29
Mis à jour le 08/01/2013 à 22:27

Bernard Tapie dont le retour dans le sud de la France en tant que patron de presse fait couler beaucoup d'encre est revenu, sur BFMTV, sur de nombreux sujets d'actualité. A propos du présumé exil fiscal de Depardieu, il a déclaré être "trop franchouillard" pour quitter la France. Interrogé sur un matraquage fiscal dont seraient victimes les Français les plus riches, il a déclaré : "je n'ai pas payé l'ISF pendant 15 ans et ça m'a beaucoup manqué".

L'homme d'affaires juge en revanche la taxation exceptionnelle à 75% "ridicule". Il fustige une mesure "inutile" qui ne "rapporte rien" et n'est que "symbolique". "On va passer d'une justice sociale à l'envers qui ne vaut pas mieux que la justice sociale à l'endroit", a-t-il ajouté.

Le "paradoxe" Depardieu

Sur l'attitude de Gérard Depardieu, un "énorme acteur", Bernard Tapie a déclaré : "il fait ce qu'il veut, ça ne me regarde pas, je m'en fous, mais je ne vais pas le prendre comme modèle, vous non plus." Il décrit ensuite la star du cinéma comme "un grand clown, un poil blessé".

Bernard Tapie analyse la situation de Depardieu ainsi : "Ce mec s'installe dans une espèce de paradoxe : il dénonce et en même temps il dit, 'c'est sacré'. Il trouve que la nationalité française, c'est sacré". "On ne va pas foutre ça en l'air parce que Philippe Torreton a fait une colique", renchérit-il.

Cahuzac ? "Ça ne vaut pas trois lignes"

Bernard Tapie est également revenu sur l'affaire du possible compte en Suisse du ministre du Budget Jérôme Cahuzac. "Ça vaut trois lignes" a-t-il résumé en substance. Pour lui, les journalistes doivent s'en tenir aux faits et relater l'ouverture d'une enquête préliminaire, sans se lancer dans les interprétations.

Il a aussi fustigé Mediapart avec qui, explique-t-il, il a déjà eu maille à partir. "J'ai vécu tellement d'expériences avec Mediapart que je prends tout ce qu'ils disent avec beaucoup de recul. j'ai vécu des trucs faux de 'A' à 'Z'", déclare-t-il. Il a aussi raillé le suivisme des médias qui se cachent derrière les informations du site d'Edwy Plenel.

Sur la "cassette" mettant en cause Montebourg

A propos de la demande d'une enquête parlementaire concernant le rachat des quotidiens du groupe Hersant, possibilité notamment évoquée par François Bayrou ou encore le député PS Patrick Mennucci, Bernard Tapie a répondu que "ce serait une très bonne idée". Il a d'ailleurs fustigé le rôle de Patrick Mennucci à qui cette histoire aurait permis de faire connaître son nom "pendant deux jours". "Il m'a dit de vous remercier, on a su qui il était, Dieu merci on l'a oublié de nouveau", a-t-il ironisé.

Interrogé sur le fait de produire une "cassette" qui démontrerait que le ministre du Redressement productif aurait tenté de lui mettre des bâtons dans les roues, Bernard Tapie a répondu : "il n'y a pas de cassette". L'homme d'affaires pose ensuite la question :"qui a dit que monsieur Montebourg avait mis ses mains dans ce cambouis-là ? C'est Mennucci, dans Le Monde", ajoute-t-il se défendant de n'avoir jamais abondé dans ce sens.

Et de préciser : "La cassette n'est pas une cassette qui a été enregistrée (...), c'est un haut-parleur qui a permis à plein de gens d'entendre la conversation entre le directeur général des journaux et le directeur de la société belge (NDR : le dirigeant du groupe Rossel) Et là, on est tombé sur le derrière, on n'a pas cru ce qu'il a dit. Après Mennucci le dit dans Le Monde, ça ne veut pas dire que c'est vrai", renchérit Bernard Tapie.

L'homme d'affaires qui prend la tête du groupe Hersant devrait voir sa demande de reprise de trois quotidiens du sud de la France, avalisée par le tribunal de Paris, ce mercredi.

Balayant d'un revers de main les inquiétudes des jouralistes en place dans les quotidiens dont, sauf surprise, il va devenir le parton, il a encore précisé :"Vous n'avez pas le pouvoir. Les gens qui ont le pouvoir sont ceux qui se sont présentés devant les électeurs". "Quelle est cette manie de vous croire détenteur d'un contre-pouvoir ?" a-t-il encore lancé.

Concernant son propre rôle, Bernard Tapie a déclaré "qu'il n'avait pas de rapport à avoir avec les journalistes" ce rôle étant dévolu "au directeur des rédactions".

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