Le renard roux réapparaît à Paris

Des renards roux ont été signalés récemment aux Buttes-Chaumont, au Jardin du Luxembourg, place de la République et dans le sud-ouest parisien.

S.A. avec AFP
Le 25/11/2012 à 10:15
Mis à jour le 25/11/2012 à 18:48
Le renard roux recient à Paris  (Fabien Gagnon - Flickr )

Le renard, chassé de Paris par l'urbanisation, réapparaît dans la capitale, attiré par une pitance abondante, selon des spécialistes qui saluent un retour de la biodiversité en ville. "Il y a effectivement des renards qui fréquentent Paris. En dehors des bois de Vincennes et de Boulogne, il y en a qui pénètrent carrément en ville, y compris dans des rues de Paris", affirme Patrick Haffner, du service du patrimoine naturel au Museum national d'histoire naturelle (MNHN).

De fait, des renards roux ont été signalés récemment aux Buttes-Chaumont, au Jardin du Luxembourg, place de la République et dans le sud-ouest parisien.

"C'est un animal très opportuniste"

Ils passent par la petite ceinture ferroviaire autour de Paris mais "n'ont rien d'un phénomène d'ampleur, leur nombre n'est pas aussi exceptionnel (entre 12 et 15)" que dans les forêts de la périphérie, relate Xavier Japiot, de l'Agence d'écologie urbaine de la Ville de Paris.

L'urbanisation et les campagnes contre la rage dans les années 1990 les avaient chassés de la ville. Aujourd'hui, ils reviennent à Paris car "c'est un endroit très riche en aliments pour eux, que ce soit des déchets humains ou des petits rongeurs. Ils y sont naturellement tranquilles et ne sont pas pourchassés comme c'est le cas à la campagne", explique Patrick Haffner.

"C'est un animal très opportuniste qui va fouiller toutes les décharges. Il va chercher ailleurs, pourquoi pas en ville, s'il a de quoi manger, s'abriter la nuit", ajoute Michel Catusse, de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Attention à "l'echinococcose alvéolaire"

Le renard urbain pèse en moyenne 4 à 5 kilos, met généralement bas trois petits courant janvier-mars, après une gestation de 51-53 jours, selon le naturaliste.

Le retour du renard réjouit la plupart des scientifiques: "C'est une chance, ça remet un petit peu de la biodiversité dans la ville, on retrouve quelque chose qu'on a perdu, un contact avec le monde sauvage", commente avec plaisir Patrick Haffner. "Leur présence est un bio indicateur, c'est-à-dire qu'ils rendent compte d'une bonne santé dans l'écosystème urbain", renchérit Xavier Japiot.

Et les spécialistes se veulent rassurants. "La rage est complètement éliminée grâce aux campagnes de vaccination. De ce côté-là, on est assez tranquilles", explique François Moutou, vétérinaire et épidémiologiste à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Mais, prévient-il, les renards peuvent transmettre "l'echinococcose alvéolaire", un ver parasite dangereux pour l'homme. Gare au renard donc.

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