Recycler les mégots, le pari gagnant d'un jeune entrepreneur

Lancé au Canada en mai, étendu depuis aux États-Unis et en Espagne, le programme de son entreprise TerraCycle assure la collecte des mégots et des cendres via des bénévoles, et leur transformation en plastique.

BFMTV avec AFP
Le 24/01/2013 à 6:51
 ((flickr cc))

Dans son bureau au mobilier recyclé, Tom Szaky est un jeune PDG heureux, après avoir lancé le premier programme au monde de recyclage de mégots de cigarettes, un succès qu'il s'apprête à exporter dans plusieurs pays européens.

Lancé au Canada en mai, étendu depuis aux États-Unis et en Espagne, le programme de son entreprise TerraCycle assure la collecte des mégots et des cendres via des bénévoles, et leur transformation en plastique, ensuite utilisé pour de nouveaux produits, dont des... cendriers.

Le principe est le même, quel que soit le pays. Les bénévoles - des adultes - récoltent les mégots, les envoient à l'antenne nationale de TerraCycle, qui paye même l'affranchissement.

Ils sont ensuite stérilisés, puis disséqués : papier et tabac finiront en compost. L'acetate de cellulose utilisée dans le filtre - une matière plastique - sera fondu et réutilisé pour faire toutes sortes de nouveaux produits qui seront à leur tour commercialisés.

Le programme, souligne Tom Szaky, est payé par l'industrie du tabac, toute heureuse de s'acheter une bonne conduite.

Et les bénévoles reçoivent des points, qu'ils peuvent ensuite utiliser pour financer des projets d'école ou d'associations caritatives.

Un million de cigarettes

Le recyclage des mégots n'est pas la première opération lancée par TerraCycle. L'entreprise de Trenton (New Jersey) s'est spécialisée depuis 10 ans dans le recyclage et le "transcyclage" - soit la transformation en quelque chose de nouveau et de valeur supérieure, selon sa définition - d'une soixantaine de déchets différents : poches de jus de fruits, bouteilles plastique, stylos, capsules de café, mais aussi papiers de bonbons, brosses à dents, claviers d'ordinateurs...

Mais le succès du recyclage de mégots a dépassé ses espérances: "Nous avons récupéré très vite plus d'un million de cigarettes. Des organisations formidables ont assuré les ramassages", souligne Tom Szaky.

"L'industrie du tabac était tellement enthousiaste qu'elle a lancé le programme aux Etats-Unis et en Espagne. Et dans les quatre prochains mois, il sera lancé en France, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Norvège, au Danemark, en Suède, en Finlande et peut-être au Mexique", poursuit-il.

200.000 mégots pour une chaise de jardin

Pour faire un cendrier, calcule-t-il, il faut de 1.000 à 2.000 mégots. Pour un fauteuil de jardin en plastique, probablement plus de 200.000. Selon Tom Szaky, quelque 1.000 à 2.000 milliards de mégots sont jetés chaque année dans le monde.

Trouver une solution pour les recycler était l'un de ses trois objectifs - réussis - pour 2012, avec les chewing-gums et les couches usagées.

"Quand nous sommes allés voir l'industrie du tabac, et leur avons montré le plastique que nous faisons à partir des mégots, ils n'en revenaient pas", dit-il : "Ils se sont engagés, et non seulement ils payent le programme, mais ils en font la promotion".

Brigades

Pour les ramasseurs, TerraCycle s'est appuyé sur son modèle de "brigades", déjà testé pour sa soixantaine d'autres collectes.

Celles-ci sont désormais menées dans 22 pays par 35 millions de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, qui s’inscrivent sur le site internet, choisissent leur produit, le collectent, et l'envoient à TerraCycle qui prend ensuite le relais.

Les entreprises partenaires financent le recyclage, intéressées par cette publicité d'un genre nouveau : Aux Etats-Unis, Old Navy (vêtements) est ainsi associé au recyclage des tongues, Colgate à celui des brosses à dents.

Le programme de collecte des chewing-gums, désormais opérationnel, va être lancé au Brésil. Celui des couches usagées, aux Etats-Unis.

Et Tom Szaky, dont l'entreprise emploie désormais une centaine de personnes dans le monde espère s'étendre en 2013 à de nouveaux pays d'Europe de l'Est et d'Amérique latine.

"Je veux régler tous les problèmes de déchets qui existent", affirme-t-il. "Et avant tout, les produits dont on pense qu'ils ne sont pas recyclables".

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