Pesticides : pas besoin d'être en contact direct pour être exposé

Une étude révèle que sans être directement en contact avec des pesticides, le corps humain en absorbe des résidus. Et les premiers concernés sont les salariés agricoles.

Marc Pédeau avec AFP
Le 19/02/2013 à 17:03
Mis à jour le 19/02/2013 à 18:17
La vigne contaminerait en pescticides son environnement. (Jean-Louis Zimmermann - Flickr -CC)

Faut-il être en contact direct avec des pesticides pour être exposé à leurs effets nocifs ? La réponse est non, d'après une étude commandée par l'ONG Générations Futures et révélée ce mardi.

Les résultats de l'étude sont clairs : il y a onze fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les salariés viticoles que chez les riverains habitant loin des vignes. Sur les 35 molécules recherchées, le corps des premiers contient 6,6 pesticides en moyenne contre 0,6 pour les derniers. Les riverains de la vigne ont également cinq fois plus de résidus de pesticides que chez ceux qui résident loin.

Plus de 45% des "molécules retrouvées sont classées cancérigènes possibles en Europe et aux USA", et "plus de 36% sont suspectées d'être des perturbateurs endocriniens", précise Générations futures.

Des pesticides dans les cheveux

Pour l'étude, quinze salariés viticoles (dont six disent ne pas avoir été exposés directement à des pulvérisations de produits), et dix non-salariés viticoles (cinq riverains des vignes, et cinq personnes vivant loin des vignes) ont confié une mèche de cheveux au laboratoire Kudzu Science.

"Tous les salariés viticoles testés ont des résidus de pesticides viticoles dans leurs cheveux", indiquent les conclusions de l'enquête menée entre mi-octobre et mi-novembre 2012 sur 25 personnes dans le Médoc. "Si les pesticides sont à l'intérieur du cheveu, c'est qu'ils ont été, à un moment donné, dans l'organisme", a précisé le directeur du laboratoire Kudzu Science, Vincent Peynet.

La France, premier consommateur de pesticides d'Europe

"Cette étude n'a pas la prétention d'être une étude scientifique", a déclaré pour sa part François Veillerette, président de Générations Futures. "Mais les résultats sont tellement nets qu'une étude scientifique sur un échantillon plus large dirait la même chose." Une étude rapidement jugée "malhonnête" par l'Union des Industries de la protection des plantes (UIPP) car elle jouerait "sur la peurs des Français".

"Les cancérigènes possibles sont encore autorisés. On attend quoi ?", s'est exlamé M. Veillerette, avant de prendre à parti le ministre de l'Agriculture : "Il faut que Le Foll prenne le taureau par les cornes". Fin janvier, Jean-Marc Le Foll déclarait que "le chantier" sur les risques sanitaires posés par les pesticides était "d'ores et déjà ouvert". La France est le premier consommateur de pesticides d'Europe.

Toute l'actu Planète

La question du jour

Si cela était possible, seriez-vous prêt à habiter sur une autre planète?